Difficile de comprendre ce qui se passe en moi. Je m'y perds. Je crois aller mieux, et une seconde arrive. Et je ressens à nouveau ce sentiment d'étouffement.
Des nouvelles du bureau m'ont reviré tout d'un coup, tellement rapidement que j'aurais cru être deux personnes. Je ne peux pas retourner travailler pour ces gens; j'en suis incapable. Une telle arrogance, aussi peu de soucis de bien faire les choses, une recherche de résultat immédiat, sans égard pour ce qui est mieux...
Je me sens faible, je me sens lâche d'avoir abandonné le navire de cette façon, mais j'avais le dos brisé et une sauterelle autrement plus importante à soutenir.
Je ne sais pas quoi faire. J'ai l'impression qu'il me faudra tout reprendre, tout recommencer ailleurs. Mais où? Et quoi?
J'ai peur... Je suis du genre à avoir un plan... Je n'en ai pas... J'ai peur.
se lever, se doucher, réveiller le p'tit, faire le lunch, vite, vite, vite, on va être en retard. Service de garde, ponts embouteillés, café, travail, ponts encore, école, devoirs, souper, douche, histoire... Ouff. Maman peut respirer jusqu'à temps de tomber endormie.
lundi 12 décembre 2011
samedi 10 décembre 2011
Je dirais même plus...
Toute petite, je me souviens de m'être camouflée sous les couvertures dans ma chambre avec une toute petite lumière. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. J'ai eu des coups de coeur, des livres que j'ai lus plusieurs fois. Charlie et la chocolaterie a longtemps été mon préféré. Plus tard, j'ai rêvé de l'Ile-du-Prince-Edouard en dévorant toute la série des Anne... La maison aux pignons verts. Et bien sûr, il y avait Tintin. Je les ai lus et relus, encore et encore. J'avais tous les albums, je les ai d'ailleurs tous encore. Ils sont maintenant dans la chambre de mon fils qui, à son tour, se couche avec sa petite lumière pour lire les aventures du reporter Tintin.
Quand j'ai su que Spielberg allait faire un film sur Tintin, j'étais emballée. J'imagine un peu comme ceux qui ont été heureux de la série de films sur Spiderman ou sur les Transformers. Mais Tintin... c'est risqué pour un réalisateur américain. Tintin est Belge, peu connu aux États-Unis en comparaison de ces héros en collants des "comics" en papier.
Mais peu m'importe, j'étais heureuse. Mon fils aussi.
Pour la première fois dans ma vie, j'ai attendu la sortie d'un film avec impatience et jeudii soir, j'ai utilisé mon application iPhone pour acheter mes billets à l'avance. J'ai rédigé une note dans l'agenda de mon fils pour avertir son enseignante que j'irais le chercher plus tôt et j'ai mis le cap sur le cinéma Starcité en fin d'après-midi hier pour aller voir le film.
Quel bonheur. Je vous dis tout de suite que j'ai l'intention d'y retourner. Une fois, avec mon père j'espère qui lui aussi adore Tintin. Une autre avec mes nièces peut-être.
Pas évident que le défi que s'est lancé Spielberg de faire un film comme celui-ci. Oui, c'est une certaine forme d'animation, mais ce n'est pas l'impression que ça donne en le regardant. On oublie bien vite que les personnages ne sont pas réels à cause de leurs mouvements si naturels oui, mais surtout car la personnalité a été développée.
À travers les scènes qui rappellent parfois Indiana Jones, d'autres fois Jack Sparrow, on sent l'agacement de Tintin de voir l'ivrognerie du capitaine, on sent le profond sentiment d'échec du capitaine, on voit leurs sentiments, on devine des qualités et des défauts. Quelque chose qui n'était pas développé dans les albums d'Hergé.
Si vous avez lu les albums, vous reconnaitrez l'histoire, même si elle a été complètement transformée. Les scènes délectables des albums comme celle où le capitaine raconte la bataille entre Rackham le Rouge et le Chevalier François de Haddock font partie du film, mais différemment, ailleurs, à d'autres moments. La scène des Dupontds qui "attrappent finalement" le pickpocket a été quant à elle complètement transformée, mais tellement bien que j'avoue que je préfère la version Spielberg.
J'ai adoré le film. Est-ce que ça a répondu à mes attentes? Oui, je dirais même plus qu'il a surpassé mes attentes. J'ai déjà hâte à la suite... Pourvu que les Américains adoptent le jeune reporter.
Quand j'ai su que Spielberg allait faire un film sur Tintin, j'étais emballée. J'imagine un peu comme ceux qui ont été heureux de la série de films sur Spiderman ou sur les Transformers. Mais Tintin... c'est risqué pour un réalisateur américain. Tintin est Belge, peu connu aux États-Unis en comparaison de ces héros en collants des "comics" en papier.
Mais peu m'importe, j'étais heureuse. Mon fils aussi.
Pour la première fois dans ma vie, j'ai attendu la sortie d'un film avec impatience et jeudii soir, j'ai utilisé mon application iPhone pour acheter mes billets à l'avance. J'ai rédigé une note dans l'agenda de mon fils pour avertir son enseignante que j'irais le chercher plus tôt et j'ai mis le cap sur le cinéma Starcité en fin d'après-midi hier pour aller voir le film.
Quel bonheur. Je vous dis tout de suite que j'ai l'intention d'y retourner. Une fois, avec mon père j'espère qui lui aussi adore Tintin. Une autre avec mes nièces peut-être.
Pas évident que le défi que s'est lancé Spielberg de faire un film comme celui-ci. Oui, c'est une certaine forme d'animation, mais ce n'est pas l'impression que ça donne en le regardant. On oublie bien vite que les personnages ne sont pas réels à cause de leurs mouvements si naturels oui, mais surtout car la personnalité a été développée.
À travers les scènes qui rappellent parfois Indiana Jones, d'autres fois Jack Sparrow, on sent l'agacement de Tintin de voir l'ivrognerie du capitaine, on sent le profond sentiment d'échec du capitaine, on voit leurs sentiments, on devine des qualités et des défauts. Quelque chose qui n'était pas développé dans les albums d'Hergé.
Si vous avez lu les albums, vous reconnaitrez l'histoire, même si elle a été complètement transformée. Les scènes délectables des albums comme celle où le capitaine raconte la bataille entre Rackham le Rouge et le Chevalier François de Haddock font partie du film, mais différemment, ailleurs, à d'autres moments. La scène des Dupontds qui "attrappent finalement" le pickpocket a été quant à elle complètement transformée, mais tellement bien que j'avoue que je préfère la version Spielberg.
J'ai adoré le film. Est-ce que ça a répondu à mes attentes? Oui, je dirais même plus qu'il a surpassé mes attentes. J'ai déjà hâte à la suite... Pourvu que les Américains adoptent le jeune reporter.
jeudi 8 décembre 2011
Une sauterelle bougonneuse
Je l'ai su dès que je l'ai vu s'avancer vers moi à l'école. Pas une bonne journée. Alors qu'il enfilait manteau et bottes, j'ai remarqué ses cernes, la bonnes rouges sous les yeux, la bouche qui pointe vers les pieds.
Pas une bonne journée. Comme on devait faire des commissions, il était doublement bougon. J'ai regretté de ne pas y être allée toute seule dans la journée. J'ai essayé de le faire me raconter ce qui se passait. Je n'ai réussi qu'à faire empirer les choses. Il a même versé quelques larmes.
Je lui ai demandé de ne pas être triste. Il m'a dit qu'il avait le droit d'être triste. C'est vrai... À 37 ans, j'ai de la misère à contrôler mes émotions alors à 8 ans... Il avait bien raison mon grand garçon.
Assis au McDo, j'ai bien essayé de comprendre ce qui se passait. Rien. Rien. Rien. Après le souper, son humeur s'est amélioré un peu et j'ai retrouvé ma sauterelle souriante.
Il a un journal intime. Il écrit des choses dedans, je ne sais pas trop quoi. Je lui ai promis que je ne le lirais pas, jusqu'à maintenant, je tiens ma promesse. Je dis jusqu'à maintenant... Ce n'est pas parce que j'ai l'intention de briser ma promesse, au contraire, je trouve ça important qu'il puisse écrire sans se censurer. Mais d'un autre côté, je me dis que ça me permettrait peut-être de mieux intervenir.
J'ai fini par savoir pourquoi il était si bougonneux. Il y a eu un conflit à l'école, il a poussé un autre enfant qui lui avait enlevé sa tuque. Un tout petit conflit... Ça l'affecte tellement ce genre de chose. Ce n'est jamais la bonne option de pousser, c'est certain, mais quand même, ce n'est pas un très grand drame. Mais simplement à lui faire me raconter ce qui c'était passé et il était à nouveau dedans, les larmes aux yeux, émotif, sur le bord de la panique.
J'aimerais tellement qu'il apprenne à mieux gérer ses émotions. Qu'il apprenne à laisser aller... Mais bon, il tient de sa mère pour ça il faut croire. :)
Pas une bonne journée. Comme on devait faire des commissions, il était doublement bougon. J'ai regretté de ne pas y être allée toute seule dans la journée. J'ai essayé de le faire me raconter ce qui se passait. Je n'ai réussi qu'à faire empirer les choses. Il a même versé quelques larmes.
Je lui ai demandé de ne pas être triste. Il m'a dit qu'il avait le droit d'être triste. C'est vrai... À 37 ans, j'ai de la misère à contrôler mes émotions alors à 8 ans... Il avait bien raison mon grand garçon.
Assis au McDo, j'ai bien essayé de comprendre ce qui se passait. Rien. Rien. Rien. Après le souper, son humeur s'est amélioré un peu et j'ai retrouvé ma sauterelle souriante.
Il a un journal intime. Il écrit des choses dedans, je ne sais pas trop quoi. Je lui ai promis que je ne le lirais pas, jusqu'à maintenant, je tiens ma promesse. Je dis jusqu'à maintenant... Ce n'est pas parce que j'ai l'intention de briser ma promesse, au contraire, je trouve ça important qu'il puisse écrire sans se censurer. Mais d'un autre côté, je me dis que ça me permettrait peut-être de mieux intervenir.
J'ai fini par savoir pourquoi il était si bougonneux. Il y a eu un conflit à l'école, il a poussé un autre enfant qui lui avait enlevé sa tuque. Un tout petit conflit... Ça l'affecte tellement ce genre de chose. Ce n'est jamais la bonne option de pousser, c'est certain, mais quand même, ce n'est pas un très grand drame. Mais simplement à lui faire me raconter ce qui c'était passé et il était à nouveau dedans, les larmes aux yeux, émotif, sur le bord de la panique.
J'aimerais tellement qu'il apprenne à mieux gérer ses émotions. Qu'il apprenne à laisser aller... Mais bon, il tient de sa mère pour ça il faut croire. :)
mercredi 7 décembre 2011
Humff
J'ai très envie d'écrire ce soir. Je voudrais pondre un de ces textes que je relirais le lendemain avec fierté. Avec beaucoup d'images et d'idées profondes. Vraiment, j'aurais envie d'être géniale ce soir.
J'ai parlé d'écriture une bonne partie de la journée avec un auteur, un vrai. Un qui a écrit tout un livre et qui en plus, a été publié. Un auteur qui produit des idées à la chaînes, mais pas comme dans une chaîne de montages, des idées différentes les unes des autres. Des idées rassembleuses. J'ai parlé d'écriture une bonne partie de la journée avec un auteur qui est aussi un ami.
Je lui ai demandé de me donner un coup de pied dans le derrière à cet ami. Je veux écrire. Le blog, c'est extra pour moi. Je n'ai pas envie d'arrêter, mais je veux faire autre chose aussi.
Ce n'est pas les histoires à raconter qui manquent pourtant. J'ai besoin d'encouragement et qu'on me force la main aussi, qu'on me mette au défi.
Tous et toutes, donnez-moi donc un beau coup de pied virtuel, ok?
J'ai parlé d'écriture une bonne partie de la journée avec un auteur, un vrai. Un qui a écrit tout un livre et qui en plus, a été publié. Un auteur qui produit des idées à la chaînes, mais pas comme dans une chaîne de montages, des idées différentes les unes des autres. Des idées rassembleuses. J'ai parlé d'écriture une bonne partie de la journée avec un auteur qui est aussi un ami.
Je lui ai demandé de me donner un coup de pied dans le derrière à cet ami. Je veux écrire. Le blog, c'est extra pour moi. Je n'ai pas envie d'arrêter, mais je veux faire autre chose aussi.
Ce n'est pas les histoires à raconter qui manquent pourtant. J'ai besoin d'encouragement et qu'on me force la main aussi, qu'on me mette au défi.
Tous et toutes, donnez-moi donc un beau coup de pied virtuel, ok?
lundi 5 décembre 2011
Comment ça va?
C'était ma première journée aujourd'hui en arrêt de travail. J'avoue, je me suis connectée au site de télétravail, mais c'était pour approuver des congés d'employés que je n'avais pas encore approuvés. C'est tout, promis juré.
Ça fait très bizarre de penser que je ne travaillerai pendant tout ce temps. Je me sens un peu coupable, mais juste penser à mettre les pieds au bureau et la sensation d'écrasement revient. La seule image qui me vient en tête qui pourrait décrire comment je ne sens est comme si j'étais dans un espace fermé et qu'un matière non identifiable se mettait soudainement à gonfler et à prendre toute la place. Un peu comme un sentiment de claustrophobie.
Je suis fatiguée. Comme une pile épuisée. Ce n'est pas un manque de sommeil, c'est plus un manque de carburant. Je ne sais plus où puiser pour trouver l'énergie et la patience de faire les petites choses à faire à la maison... Alors je compte bien me reposer le corps... et, surtout, l'esprit.
Il faut maintenant que je trouve une façon de réapprendre à respirer normalement sans ce poids qui pèse constamment sur ma poitrine.
Ça fait très bizarre de penser que je ne travaillerai pendant tout ce temps. Je me sens un peu coupable, mais juste penser à mettre les pieds au bureau et la sensation d'écrasement revient. La seule image qui me vient en tête qui pourrait décrire comment je ne sens est comme si j'étais dans un espace fermé et qu'un matière non identifiable se mettait soudainement à gonfler et à prendre toute la place. Un peu comme un sentiment de claustrophobie.
Je suis fatiguée. Comme une pile épuisée. Ce n'est pas un manque de sommeil, c'est plus un manque de carburant. Je ne sais plus où puiser pour trouver l'énergie et la patience de faire les petites choses à faire à la maison... Alors je compte bien me reposer le corps... et, surtout, l'esprit.
Il faut maintenant que je trouve une façon de réapprendre à respirer normalement sans ce poids qui pèse constamment sur ma poitrine.
dimanche 4 décembre 2011
De quoi parle-t-on au juste?
Utiliser le pouvoir qu'on possède sur une autre personne pour arriver à ses fins, pour humilier, pour réaffirmer son propre pouvoir. Non, ça ne vient pas du Petit Robert, c'est de moi. Ma définition de l'intimidation.
Nouveau comme phénomène? Réservé à la cour d'école ou aux pages facebook?
Je pense aux religieuses qui frappaient les doigts de ma mère devant toute la classe parce que sa mère ne pouvait pas lui donner un dollar pour payer le livre de prières. Geste qui avait ses répercussions dans la cour d'école alors que toutes les autres petites filles la pointaient du doigt en la traitant de pauvre, et d'Anglaise en plus.
Ou à ce gars qui me suit direct dans le bumper sur la 307 pour que j'accèlère alors que je roule à 70 dans la zone de 60.
Ou encore à ce groupe de filles qui ridiculisent cette autre fille car elle porte des broches ou je ne sais quoi encore.
Ou encore à ce sous-ministre-adjoint qui me fait comprendre en m'enlevant ma promotion méritée que j'aurais tout intérêt à y penser à deux fois la prochaine fois que j'oserai le contredire.
De l'intimidation, il y en a partout. C'est vieux comme le monde et ça fait mal peu importe l'âge qu'on a. "Personne ne peut te faire sentir petit sans que tu lui en donnes la permission." Paroles sages de la grande dame qu'était Eleonor Roosevelt. Oui, mais, beaucoup plus facile à faire.
On ne guérit pas l'intimidation par l'intimidation. On ne fait que perpétuer la tradition.
Alors quelle est la solution? Je doute qu'elle se situe à l'Assemblée nationale. Je doute même qu'elle se situe au conseil d'administration d'une école secondaire.
Non, je crois que nous sommes tous responsables du problème et que c'est collectivement que nous pourrons y changer quelque chose. Surtout ceux qui comme moi, ont des enfants.
Élevons nos enfants d'abord. Élevons-les en citoyens. Enseignons-leur qu'ils sont extraordinaires, mais pas plus que les autres. Arrêtons de leur faire croire qu'ils sont plus importants que les autres. Chaque personne mérite notre respect. On mérite le respect de la part de chaque personne. Ce n'est pas à l'école qu'il faut apprendre ça. C'est à la maison, dès le premier jour de notre vie. C'est à la maison qu'il faut expliquer à notre fils que personne ne mérite de recevoir un coup de poing à la figure, ni lui, ni un autre.
Alors que je faisais un stage d'enseignement en secondaire 4, un jeune a tenté de m'envoyer un coup de pied au visage. Son soulier m'a à peine effleurée, mais le coup a été tout aussi fort. J'étais devant une trentaine de jeunes de son âge, j'avais vingt et un ans et j'étais au bord de perdre la face. Ça m'a tout pris pour rester calme, pour ne pas éclater en sanglots, mais j'y suis arrivée.
Le jeune a été suspendu et lors de la rencontre entre la direction, sa mère et moi, j'ai mangé tout un char de bêtises de la mère. C'était ma faute car je n'avais pas su me faire respecter. Qu'allait-elle faire maintenant avec son fils à la maison toute la journée pendant une semaine? Il allait vider son frigidaire et jouer au Ninento toute la semaine. Belle punition!
Comment voulez-vous qu'un jeune se remette sur le droit chemin quand il a un parent comme ça? Et pourtant on continue de suspendre les jeunes pour des gestes semblables.
Pas facile d'être parent. Non, pas facile quand notre fille fait une crise de larmes au magasin pour avoir un jouet de ne pas céder pour arrêter que tout le monde nous regarde. Pas facile non plus d'entendre son enfant pleurer parce qu'il est puni pour ne pas avoir obéi à une règle. Oh, ce serait tellement plus facile de baisser les bras, de laisser passer. Mais qui croyait que ce serait facile d'être parent?
C'est certain que l'école à un certain rôle à jouer. C'est important d'en parler avec les enfants, de leur expliquer ce que c'est, comment reconnaitre l'intimidation, comment réagir. Qu'on soit intimidé ou non, chaque enfant a son rôle à jouer. Quoi faire lorsqu'on voit un enfant qui est poussé dans la clôture? Quoi faire si on fait circuler des rumeurs sur la fille assise en face de nous dans le classe? Quoi faire si on apprend qu'une gang prévoit de donner une leçon au plus petit de la classe?
La prévention de l'intimidation, c'est à la maison que ça doit commencer. Et au primaire, ça doit continuer. Pourquoi ne pas inclure dans les curriculum scolaires des cours sur les média sociaux? Leur apprendre alors qu'ils sont jeunes? Parce que quand ils arriveront au secondaire, il y a de bonnes chances que ce soit trop tard. Ce n'est pas en arrivant au secondaire que tout d'un coup on devient intimidateur. en tout cas, ça m'étonnerait beaucoup.
Dans tout cette histoire qui fait couler bien de l'encre depuis une semaine, qui est-ce que je plains le plus? Je ne sais pas. Mais je doute que Jade mérite toute cette haine, toutes ces menaces. A-t-elle quelque chose à se reprocher? Peut-être. Mais deux filles qui se battent pour une histoire de garçon, ce n'est ni la première, ni la dernière fois que ça arrive. Maintenant, elle devra vivre avec le fardeau de la culpabilité. Avec en plus tous ces doigts pointés vers elle.
Il y a huit ans, mon cousin s'est suicidé. Sa copine venait de le laisser. Et le soir avant de mourir, il l'a appelée pour lui dire que ce qui allait arriver était de sa faute à elle. Elle a immédiatement appelé mon oncle pour l'avertir. Toute la nuit, mon oncle et mon père ont cherché mon cousin dans la ville pour finalement être accueillis par la police au petit matin. Le jour des funérailles, mon oncle a sorti de force la jeune fille, à peine sortie de l'adolescence, lui reprochant ce qui venait d'arriver.
Je crois que c'est injuste de faire porter le fardeau du suicide à un autre.
C'est tellement trop facile de pointer du doigt, de chercher des coupables, de s'indigner, d'exiger des changements. Mais c'est à nous de faire quelque chose, c'est ensemble que nous arriverons à quelque chose, pas avec une guerre de reproches.
Nouveau comme phénomène? Réservé à la cour d'école ou aux pages facebook?
Je pense aux religieuses qui frappaient les doigts de ma mère devant toute la classe parce que sa mère ne pouvait pas lui donner un dollar pour payer le livre de prières. Geste qui avait ses répercussions dans la cour d'école alors que toutes les autres petites filles la pointaient du doigt en la traitant de pauvre, et d'Anglaise en plus.
Ou à ce gars qui me suit direct dans le bumper sur la 307 pour que j'accèlère alors que je roule à 70 dans la zone de 60.
Ou encore à ce groupe de filles qui ridiculisent cette autre fille car elle porte des broches ou je ne sais quoi encore.
Ou encore à ce sous-ministre-adjoint qui me fait comprendre en m'enlevant ma promotion méritée que j'aurais tout intérêt à y penser à deux fois la prochaine fois que j'oserai le contredire.
De l'intimidation, il y en a partout. C'est vieux comme le monde et ça fait mal peu importe l'âge qu'on a. "Personne ne peut te faire sentir petit sans que tu lui en donnes la permission." Paroles sages de la grande dame qu'était Eleonor Roosevelt. Oui, mais, beaucoup plus facile à faire.
On ne guérit pas l'intimidation par l'intimidation. On ne fait que perpétuer la tradition.
Alors quelle est la solution? Je doute qu'elle se situe à l'Assemblée nationale. Je doute même qu'elle se situe au conseil d'administration d'une école secondaire.
Non, je crois que nous sommes tous responsables du problème et que c'est collectivement que nous pourrons y changer quelque chose. Surtout ceux qui comme moi, ont des enfants.
Élevons nos enfants d'abord. Élevons-les en citoyens. Enseignons-leur qu'ils sont extraordinaires, mais pas plus que les autres. Arrêtons de leur faire croire qu'ils sont plus importants que les autres. Chaque personne mérite notre respect. On mérite le respect de la part de chaque personne. Ce n'est pas à l'école qu'il faut apprendre ça. C'est à la maison, dès le premier jour de notre vie. C'est à la maison qu'il faut expliquer à notre fils que personne ne mérite de recevoir un coup de poing à la figure, ni lui, ni un autre.
Alors que je faisais un stage d'enseignement en secondaire 4, un jeune a tenté de m'envoyer un coup de pied au visage. Son soulier m'a à peine effleurée, mais le coup a été tout aussi fort. J'étais devant une trentaine de jeunes de son âge, j'avais vingt et un ans et j'étais au bord de perdre la face. Ça m'a tout pris pour rester calme, pour ne pas éclater en sanglots, mais j'y suis arrivée.
Le jeune a été suspendu et lors de la rencontre entre la direction, sa mère et moi, j'ai mangé tout un char de bêtises de la mère. C'était ma faute car je n'avais pas su me faire respecter. Qu'allait-elle faire maintenant avec son fils à la maison toute la journée pendant une semaine? Il allait vider son frigidaire et jouer au Ninento toute la semaine. Belle punition!
Comment voulez-vous qu'un jeune se remette sur le droit chemin quand il a un parent comme ça? Et pourtant on continue de suspendre les jeunes pour des gestes semblables.
Pas facile d'être parent. Non, pas facile quand notre fille fait une crise de larmes au magasin pour avoir un jouet de ne pas céder pour arrêter que tout le monde nous regarde. Pas facile non plus d'entendre son enfant pleurer parce qu'il est puni pour ne pas avoir obéi à une règle. Oh, ce serait tellement plus facile de baisser les bras, de laisser passer. Mais qui croyait que ce serait facile d'être parent?
C'est certain que l'école à un certain rôle à jouer. C'est important d'en parler avec les enfants, de leur expliquer ce que c'est, comment reconnaitre l'intimidation, comment réagir. Qu'on soit intimidé ou non, chaque enfant a son rôle à jouer. Quoi faire lorsqu'on voit un enfant qui est poussé dans la clôture? Quoi faire si on fait circuler des rumeurs sur la fille assise en face de nous dans le classe? Quoi faire si on apprend qu'une gang prévoit de donner une leçon au plus petit de la classe?
La prévention de l'intimidation, c'est à la maison que ça doit commencer. Et au primaire, ça doit continuer. Pourquoi ne pas inclure dans les curriculum scolaires des cours sur les média sociaux? Leur apprendre alors qu'ils sont jeunes? Parce que quand ils arriveront au secondaire, il y a de bonnes chances que ce soit trop tard. Ce n'est pas en arrivant au secondaire que tout d'un coup on devient intimidateur. en tout cas, ça m'étonnerait beaucoup.
Dans tout cette histoire qui fait couler bien de l'encre depuis une semaine, qui est-ce que je plains le plus? Je ne sais pas. Mais je doute que Jade mérite toute cette haine, toutes ces menaces. A-t-elle quelque chose à se reprocher? Peut-être. Mais deux filles qui se battent pour une histoire de garçon, ce n'est ni la première, ni la dernière fois que ça arrive. Maintenant, elle devra vivre avec le fardeau de la culpabilité. Avec en plus tous ces doigts pointés vers elle.
Il y a huit ans, mon cousin s'est suicidé. Sa copine venait de le laisser. Et le soir avant de mourir, il l'a appelée pour lui dire que ce qui allait arriver était de sa faute à elle. Elle a immédiatement appelé mon oncle pour l'avertir. Toute la nuit, mon oncle et mon père ont cherché mon cousin dans la ville pour finalement être accueillis par la police au petit matin. Le jour des funérailles, mon oncle a sorti de force la jeune fille, à peine sortie de l'adolescence, lui reprochant ce qui venait d'arriver.
Je crois que c'est injuste de faire porter le fardeau du suicide à un autre.
C'est tellement trop facile de pointer du doigt, de chercher des coupables, de s'indigner, d'exiger des changements. Mais c'est à nous de faire quelque chose, c'est ensemble que nous arriverons à quelque chose, pas avec une guerre de reproches.
vendredi 2 décembre 2011
Oui docteur.
J'y pensais depuis le début de l'été. Je voyais bien que mon niveau de stress dépassait le seuil du tolérable. Je suis une personne stressée de nature, je m'en fais pour des choses sur lesquelles je n'ai pas de contrôle. J'ai toujours été comme ça, je doute que ça change vraiment un jour.
Mais depuis l'été, ça va plus loin. Je manque de sommeil, je suis irritable, impatiente, fatiguée tout le temps. J'ai mal partout, les migraines sont de plus en plus fréquentes, je mange mal, j'ai pris du poids. J'aime mon travail, j'adore ce que je fais et les gens avec qui je travaille. Mais je n'en pouvais plus de cette pression qui vient d'en haut, cette façon de faire les choses, tout croche et très croche. Choc de valeurs. Difficile de travailler alors qu'il y a un profond conflit de valeurs entre la haute gestion et soi. Encore plus lorsque l'on nous reproche notre honnêteté, notre intégrité, notre sens de l'éthique.
La semaine passée, il s'est passé quelque chose qui a fait débordé le vase. La paille qui a brisé le dos du chameau (expression anglaise librement traduite car j'aime l'image).
Ce matin, dans le bureau de mon médecin, je m'attendais à ce qu'elle me mette en congé deux semaines, peut-être trois. Sept semaines. réévaluation dans six semaines.
Ce n'est pas une dépression. Pas un burnout. Stress intense, trop lourd. Ça prend trop de place, toute la place et j'ai de la misère à voir autre chose, ça me brouille la vue.
Alors je suis en congé pour un bout. Ça me fait bizarre. Comme quelque chose que j'ai longtemps attendu tout en essayant de me faire croire que j'arriverais à passer au travers sans. J'imagine que je dois me faire à l'idée.
En attendant je me réjouis de la fin de semaine qui arrive. Je décore demain. Ma sauterelle et moi allons faire l'arbre, décorer la maison de pain d'épices, souper dans le salon en regardant le beau sapin tout illuminé. Cette année, contrairement aux dernières années, j'ai hâte.
Mais depuis l'été, ça va plus loin. Je manque de sommeil, je suis irritable, impatiente, fatiguée tout le temps. J'ai mal partout, les migraines sont de plus en plus fréquentes, je mange mal, j'ai pris du poids. J'aime mon travail, j'adore ce que je fais et les gens avec qui je travaille. Mais je n'en pouvais plus de cette pression qui vient d'en haut, cette façon de faire les choses, tout croche et très croche. Choc de valeurs. Difficile de travailler alors qu'il y a un profond conflit de valeurs entre la haute gestion et soi. Encore plus lorsque l'on nous reproche notre honnêteté, notre intégrité, notre sens de l'éthique.
La semaine passée, il s'est passé quelque chose qui a fait débordé le vase. La paille qui a brisé le dos du chameau (expression anglaise librement traduite car j'aime l'image).
Ce matin, dans le bureau de mon médecin, je m'attendais à ce qu'elle me mette en congé deux semaines, peut-être trois. Sept semaines. réévaluation dans six semaines.
Ce n'est pas une dépression. Pas un burnout. Stress intense, trop lourd. Ça prend trop de place, toute la place et j'ai de la misère à voir autre chose, ça me brouille la vue.
Alors je suis en congé pour un bout. Ça me fait bizarre. Comme quelque chose que j'ai longtemps attendu tout en essayant de me faire croire que j'arriverais à passer au travers sans. J'imagine que je dois me faire à l'idée.
En attendant je me réjouis de la fin de semaine qui arrive. Je décore demain. Ma sauterelle et moi allons faire l'arbre, décorer la maison de pain d'épices, souper dans le salon en regardant le beau sapin tout illuminé. Cette année, contrairement aux dernières années, j'ai hâte.
Inscription à :
Articles (Atom)