mardi 14 septembre 2010

suite de la veille

Ma tante a appelé à deux heures du matin. Elle criait. Mon père a sauté dans sa voiture et il est allé chez elle, l'a ramenée à l'hôpital.

Elle va finir par le tuer.

Ma mère me disait tantôt qu'un moment donné cet après-midi, elle lui criait tellement après, lui lançait tellement d'insultes qu'il est parti. Il était dans le stationnement, la main sur la poignée et il n'est pas parti. Il se serait senti coupable de la laisser là comme ça.

Ça n'a pas de maudit bon sens. Je suis de plus en plus inquiète pour mon père. Il est comme moi, en pire. Le stress l'affecte. Il va perdre le sommeil, il va avoir des maux de têtes, des maux d'estomac. Sa pression va monter en flèche. Une chance qu'il est mince et qu'il ne fume pas. Un candidat idéal pour la crise cardiaque.

Mais que peut-on faire? Si on essaie d'intervenir, on ne fait qu'empirer les choses.

Ça ne peut pas durer longtemps encore comme ça. Il faut qu'il se passe quelque chose ou c'est mon père qui va se retrouver à l'hôpital. Et j'imagine très bien ma tante l'appeler pour lui reprocher d'être malade alors qu'elle a besoin de lui...

lundi 13 septembre 2010

L'épopée du j'pense à moi

Il y a un an environ, j'ai écrit un billet avec ce titre. J'avais décidé à l'époque de ne pas le publier. Je ne saurais dire pourquoi aujourd'hui.

Cet après-midi, j'ai eu une discussion avec deux femmes que je connais depuis six ans. Nous avions une réunion bien informelle et un des membres de notre groupe, le seul homme, n'avait pu se joindre à nous. Cette fin de semaine, il a placé son père dans une maison de retraite et il ne se sentait vraiment pas capable de participer à notre réunion.

Les deux dames se sont ensuite mises à parler d'une autre personne qui travaille dans notre édifice et dont les deux parents ont été placés en maison de retraite tout récemment. Cette personne est handicapée et depuis quelques semaines, on la voit dépérir. De toute évidence, elle n'est pas suffisamment autonome pour s'occuper toute seule d'elle. Ses parents n'habitant plus avec elle, mes collègues s'inquiétaient pour sa propre santé.

Tout ça m'a rendue bien triste. Mes parents à moi sont encore jeune, ils travaillent tous les deux et sont en pleine forme. Ce n'est pas demain la veille que ma soeur et moi devront prendre ce genre de décision.

Mais je ne peux s'empêcher d'y penser. Mon père a une tumeur au rein et on ne connait pas encore le sérieux du cancer. C'est possiblement très bénin, mais comme mon père refuse d'en parler, ma soeur et moi sommes dans l'inconnu.

Pourquoi ne veut-il pas en discuter? Je crois que c'est parce qu'il vit des moments difficiles avec sa propre soeur qui combat un cancer du sein... et un million d'autres choses. Ma tante n'est pas une femme très gentille. Toute sa vie, elle a été seule parce qu'elle n'a jamais su bien traiter les gens autour d'elle. Être malade et dépendante des soins de sa famille ne l'a pas transformée, bien au contraire. Elle ne peut se déplacer sans marchette, elle porte des couches et en portera toute sa vie, elle refuse de manger et elle ne peut pas prendre de bonnes décisions. Puis, pour couronner le tout, malgré un compte en banque beaucoup plus que bien garni, elle refuse de dépenser un seul sous pour ses soins. Elle pousse même l'avarice jusqu'à garder la même couche toute la journée.

Ce n'est pas facile pour mon père. Elle téléphone constamment. Et ce ne sont pas de gentils appels. Elle peut se montrer paniquée ou encore carrément insultante. Si seulement ça s'arrêtait là... Elle fait le même coup aux deux autres frères et soeurs qui eux, appellent mon père à leur tour. Elle est en train de rendre toute la famille complètement folle.

Je crois qu'il est temps pour la famille de s'asseoir et de la placer en curatelle. Elle ne peut plus prendre les bonnes décisions pour sa santé et en ce moment, elle joue au petit dictateur en utilisant son compte de banque bien garni pour faire des menaces et obtenir ce qu'elle veut... ce fameux héritage dont toute la famille se fout.

En plus de tout ça, il faut dire que ma tante est hospitalisée à Montréal, où elle habite. Mon père y va donc au moins une fois par semaine. Gatineau-Montréal, ce n'est pas si loin, mais quand même.

Je vois mon père dépérir. Il est de plus en plus stressé. Il est inquiet pour sa santé aussi, mais il n'a même pas le temps de s'en occuper. Et tout ça cause de la chicane entre lui et ma mère en plus. Pas moyen de s'en sortir.

Et moi? C'est difficile de vivre tout ça. Je n'ai jamais été proche de ma tante. Je doute qu'elle connaisse le nom de mon fils, ou même qu'elle s'y intéresse. Je crois qu'elle ne me reconnaitrait même pas dans la rue si elle me croisait. Mais je vois mon père. Son visage fermé et ses yeux fatigués. Quand il est comme ça, on ne sait pas comment le prendre. Des réflexes de l'enfance peut-être, mais on a peur de lui poser une question qui le stresserait davantage. Mon père n'est pas un homme difficile, mais parfois, c'est difficile. Il y a une expression en anglais... to be on edge. Ça lui ressemble. On a l'impression qu'il est au bord et on ne veut surtout pas être responsable du mouvement qui le bousculerait de l'autre côté.

Wow... j'ai dérapé ce soir...

Tout ça pour dire qu'à l'époque où tout ce qu'on entend est "pense à toi; occupe-toi de toi; prends du temps pour toi" c'est un peu démodé de penser aux autres. Mais comment faire autrement? Et comment aller bien si on ne s'occupe pas des personnes qu'on aime et qui ont besoin de nous?

J'espère que mon père ira bien.

jeudi 9 septembre 2010

Au secours, je suis perdue!

Journée occupée aujourd'hui. Elles le souvent presque toutes, mais des fois, il y en a pire que d'autres. Remarquez moi, je préfère être débordée, je suis plus productive!

J'avais deux réunions hors de mon bureau ce matin. De 9 h 30 à 10 h 30 et de 11 h à 12 h. Et en après-midi, j'assistais à une discussion informelle pour souligner la Journée de la dualité linguistique à la fonction publique. Vous le saviez que c'était la journée de la dualité linguistique?

Malheur! Je suis arrivée à mon bureau ce matin pour me rendre compte que je n'étais plus complète. J'avais oublié sur le meuble à côté de la porte d'entrée mon précieux petit appareil qui d'habitude, ne se trouve jamais bien plus loin que deux ou trois mètres de moi.

J'avais oublié mon Blackberry! Et de toutes les journées pour l'oublier (c'est ma première fois), j'ai choisi celle où je n'étais pas à mon bureau pour la plus grande partie de la journée.

Entre mes deux réunions, ça me démangeait littéralement de ne pas pouvoir lire mes courriels. J'étais déconnectée de mon bureau... aucun moyen de savoir ce qui se passait. L' E-N-F-E-R!

On m'aurait dit la semaine passée que j'étais une crackberry, je me serais défendue avec ardeur. Un journée sans et je suis en manque!

À mon arrivée à la maison, j'ai lu tous les courriels que j'avais manqués puis je me suis dépêchée de me connecter à l'ordinateur pour répondre et lire tous les documents qui m'avaient été envoyés. Le Blackberry, c'est super pour les courriels, mais pour lire des documents en pièces attachées, ce n'est pas génial.

Ouin... ça fait dur mon affaire... :)

mercredi 8 septembre 2010

8 septembre 2010

Je me suis réveillée à 3 heures ce matin. J'ai rêvé à toi. Je ne me souviens plus du rêve, mais je me souviens que tu étais souriante. Je me souviens avoir entendu ton rire éclater et avoir vu tes cheveux en broussailles.

Je ne me souviens plus de ce que tu m'as dit lors de ta visite nocturne ma belle Sylvie, mais ça m'a fait sourire... à 3 heures du matin.

Je sais que tu as décidé d'en finir, que cette dernière épreuve t'a semblée trop grande pour que tu aies le courage de l'affronter. Je ne comprends pas tout à fait, mais c'était ton choix.

À la prochaine Sylvie, tu me manques...

mardi 7 septembre 2010

Mon sommeil, mon baromètre

Ce matin, j'avais rendez-vous avec la directrice, l'enseignante et la responsable du service de garde de l'école de ma sauterelle. Je voulais leur communiquer les résultats de son évaluation et j'avais des papiers pour la Commission scolaire, et d'autres papiers à faire remplir aussi.

J'ai TOUJOURS eu de l'excellent soutien à l'école. Elles (juste des femmes dans cette école-là coudonc) m'ont toujours proposé des mesures d'adaptation raisonnable et se sont montrées très flexibles. Bien sûr, je n'en attendais pas moins ce matin alors que je leur arrivais avec un diagnostic confirmé de TED.

Mais voilà... La semaine dernière, le psychiatre a laissé entendre que ma sauterelle ne pourrait probablement pas faire tout son primaire, et encore moins son secondaire, en classe régulière. Je n'étais pas préparée à cette éventualité. Parce que mon fils est quand même très fonctionnel et qu'il réussit vraiment bien au niveau académique.

Je dois être préparée pour bien encaisser. Je suis faite de même, si je suis déstabilisée, je perds le sommeil.

La fin de semaine s'est bien passée, je n'y ai pas trop pensé.

Mais ma nuit a ramené toute sorte de scénarios. Je n'ai pas mal dormi. Je me suis réveillée souvent par contre. En sueur parfois. J'ai rêvé que la DPJ m'enlevait mon petit bonhomme. J'ai rêvé que je me promenais au zoo et que mon fils était une des attractions dans une cage. J'ai rêvé à une ancienne collègue de travail qui, dans mon rêve, travaillait à l'école et qui me faisait la liste de tout ce qui clochait avec ma sauterelle. Et je me souviens de m'être réveillée à minuit en ayant tellement peur... mais j'ai oublié le rêve.

Mon sommeil ne me trahit pas.

J'étais en physiothérapie ce matin et je travaillais ma mâchoire. C'était très douloureux, j'imagine que j'ai grincé des dents aussi.

Je devrais mieux dormir ce soir. La directrice va tenter d'avoir une technicienne (ou un technicien...) pour mon fils, au moins à mi-temps.

La responsable du service de garde a pris mes mains dans les siennes et elle m'a félicitée... C'est la troisième année qu'elle voit mon fils et elle m'a remerciée de mon implication. "Trop de parents travaillent contre nous, ne nous disent rien... Votre fils est bien encadré à la maison et c'est grâce à vous qu'il est si fonctionnel".

Je ne vais pas prendre tout le crédit... Mais quand d'autres valident votre travail de mère, ça fait vraiment du bien.

lundi 6 septembre 2010

Maudit que ça fait du bien

Lundi dernier, j'ai appelé ma boss. Comme on a une bonne relation, je lui ai dit pour le diagnostic de mon fils et je lui ai demandé deux jours de vacances.

- Il n'y a rien à mon calendrier jeudi et vendredi sauf mon bilat avec toi...
- Considère-le annulé et prends tes deux jours de congé.
- Merci. Ça va me faire du bien, pas que je sois spécialement fatiguée, mais je veux faire le plein un peu, j'ai l'impression que toutes les démarches pour mon gars seront longues et difficiles...
- Ne t'inquiète pas pour le boulot. De toute façon, tu es à jour partout et tout va bien.
- Merci MP.

Donc jeudi et vendredi, j'étais en congé. J'avoue ne même pas avoir pensé que lundi était congé aussi. 5 belles journées. Et surtout, deux journées pour moi toute seule, pour faire ce que JE voulais.

Il y a eu le tatouage jeudi. Un gros, gros plus dans ma fin de semaine.

Il y a eu une journée de magasinage avec ma maman vendredi. Sans mon fils. J'ai acheté une commode pour ma chambre... j'étais tannée de mettre mes bobettes dans des paniers. J'ai acheté quelques vêtements. Et j'ai passé du très bon temps avec ma mère. Maudit que je l'aime elle...

Samedi, j'ai peint la commode. Celle que j'ai achetée n'était pas de la bonne couleur. Dans la transformation de ma chambre à coucher, tout est bleu et blanc. Je suis tellement contente du résultat. Il ne me manque maintenant que quelques coussins pour mon lit et un fauteuil pour lire.

Dimanche, j'avais envie de manger des côtes levées. J'ai acheté du pain aux olives et du dessert à mon nouvel endroit préféré : La ballade des douceurs. J'ai cru acheter des pains au chocolat pour le déjeuner du lendemain, mais arrivée à la maison, je me suis rendue compte que j'avais eu des croissants à la place.

Une amie est venue souper dimanche soir. Côtes levées, riz, haricots verts, vin rouge. Bon dessert. Petites parties de skip-bo. Fous rires... Mon fils qui nous demande de chuchoter parce qu'il n'arrive pas à entendre son film...

Et aujourd'hui... Je suis allée au festival des montgolfières. Il pleuvait. C'était plate. J'haïs ça la pluie quand il fait frais. Mon cou non plus n'aime pas trop ça.

Ça m'a fait tellement de bien ce congé. Je me sens sur un nouveau départ. J'ai la fébrilité d'un enfant avant une tempête de neige. Je ne sais pas pourquoi...

jeudi 2 septembre 2010

Avoir la chienne

C'est une drôle d'expression non? J'ai jamais vraiment compris d'où ça venait...

Il y a six mois environ, j'ai eu envie de me faire tatouer. Ce n'est pas mon genre. Je suis plutôt straight, un look assez classique, pas vraiment de style non plus. Avant que mon père ne me donne un bijou à Noël, je ne portais que des boucles d'oreilles, parfois, et ma montre. Quelques fois un collier lorsque mon décolleté laisse voir trop de peau. J'ai un look qui se fond bien dans la masse disons.

Jolie, mais c'est ça.

J'ai trouvé l'image à tatouer. Un phénix. Ça a toujours été une évidence pour moi que si je devais un jour avoir un tatouage, ça devait être symbolique.

L'oiseau qui renait de ses cendres pour une fille qui a appris qu'on peut se relever après un coup dur si on le veut.

Ça me rappelle aussi mon amie Sylvie qui elle a décidé de ne pas affronter ses difficultés, elle n'en a pas eu la force probablement.

Depuis 10 jours, je me creuse la tête... Que pourrais-je faire pour Sylvie? Ça va faire un an qu'elle est morte.

Le tatouage. Je l'avais presqu'oublié.

Après mon rendez-vous à l'hôpital ce matin, je me suis arrêtée au salon (est-ce que c'est le bon mot?) du tatoueur... 9 heures le matin, ça ouvrait. Combien ça coûterait? Combien de temps ça prendrait? Quoi? Vous pouvez me faire ça aujourd'hui à midi? Quoi?

OK

J'avais la chienne. Peur que ça fasse mal. Peur de le regretter. Peur de ne pas aimer ça.

Une copine est venue avec moi. Le tatoueur était super gentil. Genre, "Si tu tombes dans les pommes, je vais prendre des photos et mettre ça sur facebook!" "Ma soeur m'a dit que ça lui avait fait plus mal d'accoucher"...

Ça s'est bien passé. Pas très douloureux la plupart du temps sauf quand il était directement sur la colonne vertébrale. Les détails de la queue étaient difficiles. Et à la fin, il devait toucher des nerfs parce que mes jambes bougeaient toutes seules. Un peu comme chez le médecin quand il teste nos réflexes.

Je suis super contente. C'est très rouge et un peu enflé, mais c'est très beau. Le double S de la queue, c'est pour moi, Stéphanie, et Sylvie.

Sauf que ça s'arrête là! Un tatouage, c'est assez!