Allez-y. Oui, oui, c'est correct, vous pouvez me le dire. Je m'inquiétais pour rien. Ça m'arrive des fois... euh, ça m'arrive souvent je veux dire. C'est presque chronique chez moi.
Il y a eu deux rencontres chez moi. Nous n'avons pas encore tout à fait terminé les questionnaires et l'évaluation, mais on va terminer au téléphone lundi prochain.
La dame est vraiment très gentille. Même Crapule le chat qui est d'habitude plutôt sauvage l'a appréciée en venant se frotter sur ses jambes et en se couchant sur son sac. Un sac noir avec du poil blanc... Mais la travailleuse sociale n'a rien dit.
Ce que je retiens le plus de ces rencontres? Le mot famille, le mot environnement, le mot milieu. C'était beaucoup plus à propos de l'environnement de mon fils et les impacts de son TED, son anxiété, son TDAH sur tous les aspects et personnes avec lui. Dans sa liste de question, la travailleuse sociale m'a demandé ce que je faisais pour me ressourcer.
"Ça ne peut pas toujours être à propos de votre fils." Et moi qui me sentais mal d'avoir envie de temps pour moi...
Elle m'a parlé de répit. Elle m'a donné des solutions, un accès à des ressources que je ne connaissais même pas pour me donner un peu de ce temps qui me ferait tant de bien.
Ça m'a fait du bien ces deux rencontres.
Je lui ai dit à quel point je n'aimais pas quand les gens me disaient que j'étais une bonne mère à cause de ce que je faisais pour mon fils, comme si avoir un enfant avec des défis faisait de moi une meilleure mère. Elle m'a dit que ce qui faisait de moi une bonne mère est ce que j'aurais fait peu importe l'enfant que j'aurais eu. Elle m'a trouvée créative, elle a même noté certains de mes trucs pour d'autres parents. Je sais que je ne suis pas parfaite... mais ça fait du bien d'entendre une professionnelle me dire que je fais bien les choses.
Je me permets de partager une des choses que je fais avec ma sauterelle que la travailleuse sociale a bien aimé. Ma sauterelle me demandait souvent d'aller au resto, d'aller au cinéma, au mini-golf, aux quilles, etc. Je voulais qu'il comprenne que les sorties comme ça, ça finit par coûter cher et que si on y va trop souvent, ce n'est plus spécial.
Je lui ai donc fait un budget. Par exemple, tous les mois, on détermine un budget d'activités de 50$. Je ne lui donne pas l'argent, c'est virtuel. Et c'est lui qui décide (jusqu'à un certain point quand même). Donc, si on dépense tout le 50$ dans la première semaine, il ne reste rien pour le reste du mois. Je trouve que ça le responsabilise tout en lui apprenant d'une certaine façon la valeur de l'argent. Après chaque sortie, on prend le reçu et on soustrait le montant du 50$. Quand c'est moi qui décide de le récompenser pour une bonne semaine, ou quelque chose du genre, alors le montant de cette activité ne compte pas.
Ça fait environ six mois qu'on fait ça et il a compris le principe dès le premier mois. Ça fonctionne vraiment bien pour nous.
Prochaines étapes? Références en nutrition, rencontre avec l'organisation de répit, envoi du dossier au Pavillon du Parc. Toujours au même point ou à peu près. Mais au moins, la maman se sent mieux et sait à qui demander pour avoir un break.
se lever, se doucher, réveiller le p'tit, faire le lunch, vite, vite, vite, on va être en retard. Service de garde, ponts embouteillés, café, travail, ponts encore, école, devoirs, souper, douche, histoire... Ouff. Maman peut respirer jusqu'à temps de tomber endormie.
mercredi 30 novembre 2011
dimanche 27 novembre 2011
Les marinades
De bonnes betteraves, des cornichons à l'aneth, des petits oignons. Du ketchup aux fruits..................... mmmmmmmmmmm C'est tellement bon.
En fin de semaine, c'est moi qui marine bien comme il faut. Je ne sais pas quoi faire pour demain. Je ne sais pas si je vais aller au bureau, aucune idée si j'en ai la force. J'ai une mauvaise nouvelle à annoncer à mon équipe; ça pourrait les démolir autant que moi. Après avoir travaillé si fort, on se retrouve à nouveau devant une incertitude.
J'ai essayé de prendre ça cool en fin de semaine. J'ai passé une journée de congé vendredi à magasiner avec ma mère. Je n'ai pas trop pensé au boulot, on s'est amusées.
Et hier, je me suis fait masser (pour me faire dire par la massothérapeute que j'étais très tendue et raide... je me demande bien pourquoi). C'était un peu douloureux. A suivi un excellent repas : brushettas, panini, salade, vin. Même du dessert : gâteau au fromage avec coulis de fraises et estragon (ça semble bizarre, mais c'était très bon). Puis un après-midi à me faire transpirer dans un sauna, passer sous une cascade d'eau glacée et mariner dans le bain tourbillon. Sans compter les séances de relaxation en maillot de bain dehors les pieds devant un bon feu. Je me suis même endormie quelques minutes.
Tout ça en compagnie d'une bonne amie que je ne vois pas assez souvent. Une ancienne étudiante qui a oublié la grande partie de son français pendant ses deux récents congés de maternité. Je lui ai appris le mot "ratatiné", je l'ai laissée me convaincre de prendre un deuxième verre de vin. Comme des écolières, nous chuchotions dans le grand spa extérieur et nous nous taisions dès que les employés passaient avec leur pancarte demandant le silence. Jusqu'à ce que découvrions l'autre partie du spa, où (je crois) le silence n'était pas exigé.
Ça m'a fait du bien. Je suis revenue à la maison fatiguée (étrange puisque je n'avais rien fait d'autre que relaxer toute la journée), mais la nuit a été ponctuée de plusieurs réveils.
Ça m'a fait du bien cette journée hier. Mais je ne suis pas plus avancée. J'avais placé toutes mes réflexion dans un pot Mason pour la journée, question de bien profiter de ce moment. Je le regarde ce foutu pot Mason et je n'ai vraiment pas envie de l'ouvrir. J'aurais envie de le lancer de toute mes forces aussi loin que possible. Mais il faudra bien que je l'ouvre. Je vais attendre plus tard... je dois aller chercher ma sauterelle chez ma soeur bientôt.
En fin de semaine, c'est moi qui marine bien comme il faut. Je ne sais pas quoi faire pour demain. Je ne sais pas si je vais aller au bureau, aucune idée si j'en ai la force. J'ai une mauvaise nouvelle à annoncer à mon équipe; ça pourrait les démolir autant que moi. Après avoir travaillé si fort, on se retrouve à nouveau devant une incertitude.
J'ai essayé de prendre ça cool en fin de semaine. J'ai passé une journée de congé vendredi à magasiner avec ma mère. Je n'ai pas trop pensé au boulot, on s'est amusées.
Et hier, je me suis fait masser (pour me faire dire par la massothérapeute que j'étais très tendue et raide... je me demande bien pourquoi). C'était un peu douloureux. A suivi un excellent repas : brushettas, panini, salade, vin. Même du dessert : gâteau au fromage avec coulis de fraises et estragon (ça semble bizarre, mais c'était très bon). Puis un après-midi à me faire transpirer dans un sauna, passer sous une cascade d'eau glacée et mariner dans le bain tourbillon. Sans compter les séances de relaxation en maillot de bain dehors les pieds devant un bon feu. Je me suis même endormie quelques minutes.
Tout ça en compagnie d'une bonne amie que je ne vois pas assez souvent. Une ancienne étudiante qui a oublié la grande partie de son français pendant ses deux récents congés de maternité. Je lui ai appris le mot "ratatiné", je l'ai laissée me convaincre de prendre un deuxième verre de vin. Comme des écolières, nous chuchotions dans le grand spa extérieur et nous nous taisions dès que les employés passaient avec leur pancarte demandant le silence. Jusqu'à ce que découvrions l'autre partie du spa, où (je crois) le silence n'était pas exigé.
Ça m'a fait du bien. Je suis revenue à la maison fatiguée (étrange puisque je n'avais rien fait d'autre que relaxer toute la journée), mais la nuit a été ponctuée de plusieurs réveils.
Ça m'a fait du bien cette journée hier. Mais je ne suis pas plus avancée. J'avais placé toutes mes réflexion dans un pot Mason pour la journée, question de bien profiter de ce moment. Je le regarde ce foutu pot Mason et je n'ai vraiment pas envie de l'ouvrir. J'aurais envie de le lancer de toute mes forces aussi loin que possible. Mais il faudra bien que je l'ouvre. Je vais attendre plus tard... je dois aller chercher ma sauterelle chez ma soeur bientôt.
vendredi 25 novembre 2011
Flatline
Ils m'ont eue. Ils ont réussi à me détruire complèment. Ça y est. Je n'en peux plus, ils sont plus forts, plus gros, plus nombreux, plus puissants que moi. J'ai essayé de mettre mon énergie ailleurs, de fermer les yeux et les oreilles à ce qui se passait plus haut. À ne pas écouter leurs menteries. Mais maintenant, ils exigent de moi l'impossible, le mathématiquement impossible. Même tout le travail acharné que j'ai fait pour eux depuis un mois n'aura rien donné. Un groupe de bureaucrates ambitieux qui se foutent du reste.
Je vais mal, très mal. Trop mal pour écrire, trop mal pour parler. Les bruits me font sursauter, la moindre maladresse me fait trembler. Je n'ai pas dormi depuis 3 nuits. Enfin non, j'ai dormi, mais le réveil s'est fait à 3 heures du matin.
J'ai envoyé mon fils chez ma soeur pour la fin de semaine. C'était prévu, mais ça tombe pile. Je vais au spa demain. J'ai peur de passer ma journée à pleurer. J'ai peur de passer ma fin de semaine à pleurer.
Je retourne chez le médecin la semaine prochaine. Je vais demander un arrêt de travail avant que je pète au frette. Je me demande d'ailleurs si ça n'est pas déjà arrivé.
Je vais mal, très mal. Trop mal pour écrire, trop mal pour parler. Les bruits me font sursauter, la moindre maladresse me fait trembler. Je n'ai pas dormi depuis 3 nuits. Enfin non, j'ai dormi, mais le réveil s'est fait à 3 heures du matin.
J'ai envoyé mon fils chez ma soeur pour la fin de semaine. C'était prévu, mais ça tombe pile. Je vais au spa demain. J'ai peur de passer ma journée à pleurer. J'ai peur de passer ma fin de semaine à pleurer.
Je retourne chez le médecin la semaine prochaine. Je vais demander un arrêt de travail avant que je pète au frette. Je me demande d'ailleurs si ça n'est pas déjà arrivé.
mercredi 23 novembre 2011
Tout est dans les gênes
J'étais couchée sur le dos sur le divan du salon et je regardais la télé. Un bout de la télécommande dans une main, l'autre bout bien calée entre mon cou et mon menton. Et tout à coup, je me suis vue dans cette position. Comme ça m'étais déjà arrivé avant. Puis j'ai vu mon père. Même position. Comme peut-on hériter d'une position?
Je suis la fille de mon père. Je lui ressemble, les mêmes yeux, le même regard. On m'a toujours dit que je lui ressemblais et même si je prends des airs de ma mère en vieillissant, je reste la fille de mon père.
Et pas juste physiquement. On a tous les deux le même caractère, à des intensités différentes il est vrai, mais on a les mêmes réactions. On s'en fait pour tout, on stresse beaucoup. On aime sentir qu'on a le contrôle, on n'aime peu les surprises et les imprévus.
En fin de semaine, il me racontait quelque chose qui lui est arrivé au travail la semaine passée. Il a eu affaire avec un client difficile. Mon père est représentant des ventes pour un constructeur en habitation. Il vend des maisons neuves. Et ce client s'attendait à ce que mon père soit disponible en tout temps. Mon père lui avait proposé des rendez-vous le jeudi et vendredi soir, le samedi dans le jour, mais non, le client voulait son rendez-vous le samedi à 20h30. Ce n'était pas possible pour mon père, j'étais invitée à souper chez lui samedi soir. Le client s'est plaint. En 15 ans de vente, c'était la première fois qu'il y avait une plainte contre lui. Le client avait aussi plein de demandes impossibles, il appellait à toute heure du jour et de la soirée, était même un peu parano. Le gars était difficile.
Eh bien, mon père l'a pris personnel. Il s'est remis en question, ça l'a empêché de dormir. Il m'expliquait en fin de semaine que logiquement, il savait que ce n'était pas sa faute, mais qu'il ne pouvait s'empêcher de s'en faire pour ça.
Comme je le comprends... Ma mère non. Mais moi... je suis pareille. Je mets tellement de moi-même dans le travail que je fais, le service que j'offre. Je tiens à bien faire les choses. Ça me rend fière alors quand on remet en question le travail que je fais, je prends les remarques au sérieux. Je les analyse, je me remets en question, je vois si je n'ai pas fait quelque chose de mal. Et quand les critiques ne sont pas fondées, ça vient me chercher, ça me met à l'envers. Alors oui, je comprends comment mon père peut se sentir.
C'est drôle comment on hérite des traits de nos parents. Autant que physiques qu'au niveau de la personnalité. Je me demande à quel point ces comportements sont appris ou innés. Après tout, je doute qu'il y ait un gênes de la télécommande entre le cou et le menton.
Je suis la fille de mon père. Je lui ressemble, les mêmes yeux, le même regard. On m'a toujours dit que je lui ressemblais et même si je prends des airs de ma mère en vieillissant, je reste la fille de mon père.
Et pas juste physiquement. On a tous les deux le même caractère, à des intensités différentes il est vrai, mais on a les mêmes réactions. On s'en fait pour tout, on stresse beaucoup. On aime sentir qu'on a le contrôle, on n'aime peu les surprises et les imprévus.
En fin de semaine, il me racontait quelque chose qui lui est arrivé au travail la semaine passée. Il a eu affaire avec un client difficile. Mon père est représentant des ventes pour un constructeur en habitation. Il vend des maisons neuves. Et ce client s'attendait à ce que mon père soit disponible en tout temps. Mon père lui avait proposé des rendez-vous le jeudi et vendredi soir, le samedi dans le jour, mais non, le client voulait son rendez-vous le samedi à 20h30. Ce n'était pas possible pour mon père, j'étais invitée à souper chez lui samedi soir. Le client s'est plaint. En 15 ans de vente, c'était la première fois qu'il y avait une plainte contre lui. Le client avait aussi plein de demandes impossibles, il appellait à toute heure du jour et de la soirée, était même un peu parano. Le gars était difficile.
Eh bien, mon père l'a pris personnel. Il s'est remis en question, ça l'a empêché de dormir. Il m'expliquait en fin de semaine que logiquement, il savait que ce n'était pas sa faute, mais qu'il ne pouvait s'empêcher de s'en faire pour ça.
Comme je le comprends... Ma mère non. Mais moi... je suis pareille. Je mets tellement de moi-même dans le travail que je fais, le service que j'offre. Je tiens à bien faire les choses. Ça me rend fière alors quand on remet en question le travail que je fais, je prends les remarques au sérieux. Je les analyse, je me remets en question, je vois si je n'ai pas fait quelque chose de mal. Et quand les critiques ne sont pas fondées, ça vient me chercher, ça me met à l'envers. Alors oui, je comprends comment mon père peut se sentir.
C'est drôle comment on hérite des traits de nos parents. Autant que physiques qu'au niveau de la personnalité. Je me demande à quel point ces comportements sont appris ou innés. Après tout, je doute qu'il y ait un gênes de la télécommande entre le cou et le menton.
dimanche 20 novembre 2011
L'attente
Ça aura été long. Un an, trois mois. Très long. Et je crois que j'ai encore plusieurs longs mois d'attente devant moi après demain. Mais au moins c'est un début.
Je vous dirais que c'est la faute des longs congés de maternité. Je ne suis pas contre, mais il faut bien admettre que nos services en souffrent. Médecin, enseignante, infirmière, travailleuse de la santé. Remarquez, j'utilise le féminin ici, mais de plus en plus, les hommes et les femmes se partagent les congés parentaux.
À la fin de l'été 2010, quand ma sauterelle a eu son diagnostic de TED, son dossier a été envoyé au CLSC, six mois d'attente qu'on m'avait dit. Il aura fallu presque multiplier ce chiffre par trois. Quand j'ai appelé au début de l'année dernière, on m'avait dit que son dossier n'était même pas encore passé au triage. Le pédopsychiatre m'avait dit que ce serait long car ma sauterelle vivait dans un bon milieu. Son dossier n'était pas "prioritaire". Quand j'ai appelé au début de l'année, on m'a expliqué que le tiers des travailleur (travailleuses?) sociaux étaient en congé parental. Ça a tout un impact sur une équipe de travail ça.
J'ai pleuré au téléphone. J'avoue, j'en ai mis un peu. J'ai beurré épais, même si au fond, c'est vrai que j'avais besoin d'aide.
J'ai reçu l'appel au début novembre. Il faut maintenant que le dossier soit évalué par une travailleuse sociale. Ça prendra deux rencontres, mais elle ne veut pas rencontrer mon fils. Juste moi. Dans ma maison. J'ai l'impression que je vais devoir passer un test demain après-midi. Qu'elle va examiner si mon fils possède un espace décent pour faire ses devoirs, s'il vit dans une maison propre, si sa mère a une tête sur les épaules. J'ai presque nettoyé mon frigo et ma dépense de peur qu'elle inspecte dans ce coin-là demain (je blague ici, mais si peu). Ça me stresse. C'est niaiseux je sais, mais je ne voudrais pas qu'on pense que je suis une mauvaise mère, d'un autre côté, je ne voudrais pas qu'on remette le dossier sous la pile car ma sauterelle a un milieu de vie "trop" structuré.
C'est certain que demain, je vais être moi-même, que je ne vais pas essayer de dire ce qu'il faut dire. Mais ça me stresse pareil.
Après ces deux rencontres, je ne sais pas ce qui va se passer. On va le référer aux différents services j'imagine. Puis ensuite, le dossier sera envoyé au Pavillon du Parc, l'organisme qui sert de CRDI dans la région de l'Outaouais. Une autre année d'attente?
En attendant, ma sauterelle va bien. C'est la première fin de semaine depuis longtemps que je ne le sens pas anxieux, stressé. Il a passé une superbe soirée chez mes parents hier; il a fait rire tout le monde, surtout mon père, il a crié pour les buts du Canadiens, il a épaté son grand-père, encore une fois en lui expliquant comment fonctionne sa télécommande...
J'avais dit dimanche dernier que je passerais une bonne semaine. En gros, je dirais que c'est réussi. Mercredi et jeudi, ça a été un peu plus difficile car je me suis encore trop laissé atteindre par les mensonges de mon sous-ministre-adjoint, mais le reste de la semaine a été excellent.
On repart pour une autre comme ça... mensonges en moins s'il vous plait. deux points parenthèse (comme dans la chanson de François Pérusse).
Je vous dirais que c'est la faute des longs congés de maternité. Je ne suis pas contre, mais il faut bien admettre que nos services en souffrent. Médecin, enseignante, infirmière, travailleuse de la santé. Remarquez, j'utilise le féminin ici, mais de plus en plus, les hommes et les femmes se partagent les congés parentaux.
À la fin de l'été 2010, quand ma sauterelle a eu son diagnostic de TED, son dossier a été envoyé au CLSC, six mois d'attente qu'on m'avait dit. Il aura fallu presque multiplier ce chiffre par trois. Quand j'ai appelé au début de l'année dernière, on m'avait dit que son dossier n'était même pas encore passé au triage. Le pédopsychiatre m'avait dit que ce serait long car ma sauterelle vivait dans un bon milieu. Son dossier n'était pas "prioritaire". Quand j'ai appelé au début de l'année, on m'a expliqué que le tiers des travailleur (travailleuses?) sociaux étaient en congé parental. Ça a tout un impact sur une équipe de travail ça.
J'ai pleuré au téléphone. J'avoue, j'en ai mis un peu. J'ai beurré épais, même si au fond, c'est vrai que j'avais besoin d'aide.
J'ai reçu l'appel au début novembre. Il faut maintenant que le dossier soit évalué par une travailleuse sociale. Ça prendra deux rencontres, mais elle ne veut pas rencontrer mon fils. Juste moi. Dans ma maison. J'ai l'impression que je vais devoir passer un test demain après-midi. Qu'elle va examiner si mon fils possède un espace décent pour faire ses devoirs, s'il vit dans une maison propre, si sa mère a une tête sur les épaules. J'ai presque nettoyé mon frigo et ma dépense de peur qu'elle inspecte dans ce coin-là demain (je blague ici, mais si peu). Ça me stresse. C'est niaiseux je sais, mais je ne voudrais pas qu'on pense que je suis une mauvaise mère, d'un autre côté, je ne voudrais pas qu'on remette le dossier sous la pile car ma sauterelle a un milieu de vie "trop" structuré.
C'est certain que demain, je vais être moi-même, que je ne vais pas essayer de dire ce qu'il faut dire. Mais ça me stresse pareil.
Après ces deux rencontres, je ne sais pas ce qui va se passer. On va le référer aux différents services j'imagine. Puis ensuite, le dossier sera envoyé au Pavillon du Parc, l'organisme qui sert de CRDI dans la région de l'Outaouais. Une autre année d'attente?
En attendant, ma sauterelle va bien. C'est la première fin de semaine depuis longtemps que je ne le sens pas anxieux, stressé. Il a passé une superbe soirée chez mes parents hier; il a fait rire tout le monde, surtout mon père, il a crié pour les buts du Canadiens, il a épaté son grand-père, encore une fois en lui expliquant comment fonctionne sa télécommande...
J'avais dit dimanche dernier que je passerais une bonne semaine. En gros, je dirais que c'est réussi. Mercredi et jeudi, ça a été un peu plus difficile car je me suis encore trop laissé atteindre par les mensonges de mon sous-ministre-adjoint, mais le reste de la semaine a été excellent.
On repart pour une autre comme ça... mensonges en moins s'il vous plait. deux points parenthèse (comme dans la chanson de François Pérusse).
jeudi 17 novembre 2011
Je vous en veux
Cher papa, chère maman de l'enfant parfait,
Savez-vous à quel point vous avez de la chance? Lorsque je vous entends vous pêter les bretelles en racontant à quel point votre fils excelle au hockey. Et les notes parfaites que vous ramène votre fille. Je vous vois, torse bombé, la fierté dans la voix. Ne vous méprenez pas, je suis heureuse pour vous, mais je vous en veux que vous ne soyez pas conscient de votre chance.
Quel bonheur de pouvoir revenir du bureau sans craindre la crise à cause d'une journée difficile. Pouvoir s'asseoir à la table de cuisine pour le soutenir dans les devoirs sans avoir à le rappeler à l'ordre toutes les trente secondes pour qu'il regarde son livre au lieu de l'écureuil qui court dehors ou qu'il ne soit pas distrait par le bruit du frigo qui ronronne ou des voitures qui passent.
J'imagine que ça doit être extra de ne pas avoir peur de la réaction de son enfant parce qu'on a oublié de lui dire qu'il fallait aller à l'épicerie après l'école lorsqu'on est parti ce matin.
Savoir que son enfant est heureux, qu'il pourra faire tout ce qu'il veut, que le chemin devant lui est libre d'obstacles. Oh, c'est certain que chacun doit surmonter des épreuves, que la vie n'est simple pour personne. Mais lorsqu'on comprend que nos enfants auront à se battre toute leur vie pour s'adapter à la vie qui n'a pas été faite à leur mesure... Enfin, ça doit être génial de ne pas avoir à accepter cette réalité.
Je suis jalouse quand je vous entends parler de cours de piano ou de natation, d'équipe de soccer ou de base-ball. Quand je vous vois au bureau, travailler tous les jours, ne pas avoir à quitter plus tôt, ou prendre congé pour accompagner vos enfants aux rendez-vous chez le pédiatre, psychiatre, médecin, orthophoniste, ergothérapeute, psychoéducateur ou quoi d'autre encore. Quand je sais que des mots comme médication et plan d'intervention ne font pas partie de votre vocabulaire.
Je me demande parfois comment on peut se sentir lorsqu'on peut vivre sans sentir qu'on doit se battre sans arrêt. Sentir qu'on n'a pas le choix, même quand on trouve à peine assez d'énergie pour s'occuper de soi.
Je vous en veux quand mon fils me dit qu'il est jaloux de vos enfants parfaits parce qu'il les trouve meilleurs que lui.
Les choses pourraient tellement être pires. Mais les choses pourraient tellement être mieux aussi. Chers parents d'enfants parfaits, tâchez d'enseigner à vos enfants que leurs amis sont différents, qu'ils ont des défis que vos enfants ne peuvent pas imaginer. Enseignez-leur la tolérance, encouragez-les à s'adapter, à leur faire une place à côté d'eux, à les écouter et à apprendre d'eux.
Chers parents d'enfants parfaits, je sais très bien que la perfection n'est qu'illusion et qu'il n'y a pas d'enfant parfait. Il n'y a que des enfants et c'est parfait comme ça.
Savez-vous à quel point vous avez de la chance? Lorsque je vous entends vous pêter les bretelles en racontant à quel point votre fils excelle au hockey. Et les notes parfaites que vous ramène votre fille. Je vous vois, torse bombé, la fierté dans la voix. Ne vous méprenez pas, je suis heureuse pour vous, mais je vous en veux que vous ne soyez pas conscient de votre chance.
Quel bonheur de pouvoir revenir du bureau sans craindre la crise à cause d'une journée difficile. Pouvoir s'asseoir à la table de cuisine pour le soutenir dans les devoirs sans avoir à le rappeler à l'ordre toutes les trente secondes pour qu'il regarde son livre au lieu de l'écureuil qui court dehors ou qu'il ne soit pas distrait par le bruit du frigo qui ronronne ou des voitures qui passent.
J'imagine que ça doit être extra de ne pas avoir peur de la réaction de son enfant parce qu'on a oublié de lui dire qu'il fallait aller à l'épicerie après l'école lorsqu'on est parti ce matin.
Savoir que son enfant est heureux, qu'il pourra faire tout ce qu'il veut, que le chemin devant lui est libre d'obstacles. Oh, c'est certain que chacun doit surmonter des épreuves, que la vie n'est simple pour personne. Mais lorsqu'on comprend que nos enfants auront à se battre toute leur vie pour s'adapter à la vie qui n'a pas été faite à leur mesure... Enfin, ça doit être génial de ne pas avoir à accepter cette réalité.
Je suis jalouse quand je vous entends parler de cours de piano ou de natation, d'équipe de soccer ou de base-ball. Quand je vous vois au bureau, travailler tous les jours, ne pas avoir à quitter plus tôt, ou prendre congé pour accompagner vos enfants aux rendez-vous chez le pédiatre, psychiatre, médecin, orthophoniste, ergothérapeute, psychoéducateur ou quoi d'autre encore. Quand je sais que des mots comme médication et plan d'intervention ne font pas partie de votre vocabulaire.
Je me demande parfois comment on peut se sentir lorsqu'on peut vivre sans sentir qu'on doit se battre sans arrêt. Sentir qu'on n'a pas le choix, même quand on trouve à peine assez d'énergie pour s'occuper de soi.
Je vous en veux quand mon fils me dit qu'il est jaloux de vos enfants parfaits parce qu'il les trouve meilleurs que lui.
Les choses pourraient tellement être pires. Mais les choses pourraient tellement être mieux aussi. Chers parents d'enfants parfaits, tâchez d'enseigner à vos enfants que leurs amis sont différents, qu'ils ont des défis que vos enfants ne peuvent pas imaginer. Enseignez-leur la tolérance, encouragez-les à s'adapter, à leur faire une place à côté d'eux, à les écouter et à apprendre d'eux.
Chers parents d'enfants parfaits, je sais très bien que la perfection n'est qu'illusion et qu'il n'y a pas d'enfant parfait. Il n'y a que des enfants et c'est parfait comme ça.
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