C'est ce qu'une amie vient d'écrire comme commentaire sur ma page facebook personnelle. Elle a tellement mis le doigt sur comment je me sens ce soir.
Mon beau grand garçon était parti en fin de semaine : camp de Louveteaux. 2 dodos, loin de maman.
Il y a tellement de choses qui auraient pu mal se passer. Je n'ai même pas envie d'en faire la liste, car rien n'est arrivé.
Rien? Non, en fait, il s'est passé beaucoup de choses.
Il a dormi dans un lit qui n'était pas le sien. Il a passé deux jours loin de moi. Il a survécu au bruit et au chaos de dix-huit enfants dans la nature. Il est resté calme, il s'est bien comporté. Il ne s'est pas ennuyé de moi. Il n'a pas imaginé de scénarios dignes de films d'horreur.
Il s'est amusé. Il a adoré. Dans l'auto sur le chemin du retour, il m'a même raconté son camp - lui qui ne raconte pas d'habitude. Il a hâte de répéter l'expérience.
Depuis un mois, je peux voir tous les jours à quel point il gagne confiance en lui. Sa nouvelle médication l'aide énormément. Ses résultats scolaires sont meilleurs qu'ils ne l'ont jamais été. Et dire, qu'il y a un mois, il était au bord de la suspension... Je suis fière de lui, mais mieux encore, il est fier de lui-même. Lorsque nous sommes revenus de chez le dentiste il y a une dizaine de jours, il m'a dit dans l'auto qu'il était fier parce qu'il avait su rester calme, parce qu'il avait adopté une stratégie pour contrôler sa peur et son anxiété. Mon fils est fier de lui, C'est immense.
J'étais inquiète en fin de semaine. J'ai rêvé qu'on m'appelait, qu'on me demandait de venir chercher mon fils, qu'on me disait que les scouts n'était pas une place pour les enfants à défi. J'étais stressée. Quand je suis arrivée au camp cet après-midi (et non, je ne me suis pas perdue cette fois), j'étais tellement soulagée de voir que tout était normal. Les enfants étaient tous assis en rond, en "grand conseil", et il m'a vue, mais est resté calmement assis jusqu'à ce que l'assemblée soit levée. Mon coeur de maman était heureux.
Il me semble que ça faisait longtemps que nous n'avions pas eu une victoire comme celle-là. C'est vraiment un pas de géant!
se lever, se doucher, réveiller le p'tit, faire le lunch, vite, vite, vite, on va être en retard. Service de garde, ponts embouteillés, café, travail, ponts encore, école, devoirs, souper, douche, histoire... Ouff. Maman peut respirer jusqu'à temps de tomber endormie.
dimanche 21 octobre 2012
vendredi 19 octobre 2012
Aventure d'un vendredi soir
Allez, avouez que vous êtes curieux... Avouez! Je m'empresse de vous détromper, vous ne trouverez rien de croustillant dans mon billet ce soir.
Le vendredi est sans doute le jour de la semaine que je préfère. C'est souvent plus calme au bureau, il y a surtout très peu de réunions le vendredi ce qui me permet de terminer toutes les petites choses qui s'accumulent sur ma liste depuis le lundi. De plus, bien souvent, c'est le seul jour de la semaine où je prends vraiment le temps de manger le midi. D'habitude, je grignote de 10 h 30 à 14 h : carottes, yogourt, dattes, amandes, raisins. Des choses du genre qui me permettent de continuer à travailler. Donc, le vendredi, je sors souvent manger avec des collègues.
Je termine ensuite mon après-midi dans mon autre bureau, situé dans un édifice différent où tout le reste de mon équipe se trouve. J'y vais deux fois par semaine généralement, mais le vendredi, l'ambiance est plus relaxe et c'est agréable. Je rencontre les enseignants qui veulent me parler, je termine ma semaine en fermant mes dossiers et en préparant ce que j'aurai à faire la prochaine semaine.
Finalement, à la maison, c'est un soir où mon fils et mon mangeons dans le salon en regardant un film. Je fais du pop corn et on relaxe ensemble. Pas de routine ni de tâches à faire le vendredi soir. C'est notre petite soirée tranquille.
Mais pas ce soir! Non. Ma sauterelle allait à son premier camp de scouts. Les bagages étaient préparés depuis la veille. J'avais regardé la carte et les directions sur Google, j'avais même imprimé les directions sur une feuille de papier et pensé à la coller sur mon volant pour que je les voie facilement. Le départ était programmé pour 17h30 - il fallait être au camp pour 19h. Une Louveteau qui est aussi dans la classe de mon fils devait embarquer avec nous puisque ses parents n'étaient pas en ville en fin de semaine.
Premier pépin. La Louveteau est arrivée avec une demi-heure de retard. Ceux qui me connaissent savent à quel point je déteste être en retard. D'ailleurs, ça m'arrive très rarement. Et quand ça m'arrive, ça me cause tellement de stress. Je pense que ma sauterelle est aussi un peu comme ça car il stressait pas mal à attendre son amie.
Départ à 18h finalement. Tout allait bien, j'étais optimiste de pouvoir rattraper au moins une quinzaine de minutes. Mais non. Je me suis perdue. Mais là, vraiment et complètement perdue! Et ce n'est pas comme se perdre en ville, où il est facile de s'arrêter pour regarder où l'on est. Non, s'arrêter sur une route sinueuse et étroite, sans lumière, c'est beaucoup moins évident. Et malheur si l'on réalise qu'il faut faire demi tour; ça peut prendre quelques kilomètres avant de trouver un bon endroit. Puis, pour couronner le tout, lorsque j'ai finalement trouvé un endroit décent où m'arrêter, il n'y avait pas de réception cellulaire. J'ai fait demi-tour car j'avais l'intuition d'être au mauvais endroit et je me suis arrêter à nouveau plus loin, cette fois complètement certaine d'être perdue. Le iPhone dans les mains, j'ai sacré contre la maudite nouvelle application de cartes de Apple. Ça ne marche pas! Heureusement qu'il y a Google Map et que j'ai pu me connecter à internet.
Cette petite séance de tournage en rond m'a fait perdre une heure. Google Map m'a indiqué le bon chemin et j'ai compris où je m'étais trompée. Je savais qu'il me restait près d'une heure à faire encore et il était 19h. Oh well, je serais vraiment en retard, mais il n'y avait rien d'autre à faire que de continuer.
Sauf que ma sauterelle a commencé à paniquer. Sur la banquette arrière, il me posait des questions, s'énervait, se fâchait. Pauvre ti-pou. Mais nous sommes arrivés, sains et saufs au camp, et avons été accueillis avec compréhension.
Vous savez quoi? Ma sauterelle était encore inquiète lorsque je suis partie. Mon fils avait peur que je me perde à nouveau et que cette fois, je n'arrive pas à retrouver mon chemin pour retourner à la maison. :)
Je suis maintenant de retour à la maison et je sais que je resterai un peu inquiète toute la fin de semaine. Pas assez pour m'empêcher de dormir, mais assez pour me demander si tout va bien, s'il est anxieux. Je le saurai dimanche lorsque je retournerai le chercher j'imagine. :)
Bonne fin de semaine!
Le vendredi est sans doute le jour de la semaine que je préfère. C'est souvent plus calme au bureau, il y a surtout très peu de réunions le vendredi ce qui me permet de terminer toutes les petites choses qui s'accumulent sur ma liste depuis le lundi. De plus, bien souvent, c'est le seul jour de la semaine où je prends vraiment le temps de manger le midi. D'habitude, je grignote de 10 h 30 à 14 h : carottes, yogourt, dattes, amandes, raisins. Des choses du genre qui me permettent de continuer à travailler. Donc, le vendredi, je sors souvent manger avec des collègues.
Je termine ensuite mon après-midi dans mon autre bureau, situé dans un édifice différent où tout le reste de mon équipe se trouve. J'y vais deux fois par semaine généralement, mais le vendredi, l'ambiance est plus relaxe et c'est agréable. Je rencontre les enseignants qui veulent me parler, je termine ma semaine en fermant mes dossiers et en préparant ce que j'aurai à faire la prochaine semaine.
Finalement, à la maison, c'est un soir où mon fils et mon mangeons dans le salon en regardant un film. Je fais du pop corn et on relaxe ensemble. Pas de routine ni de tâches à faire le vendredi soir. C'est notre petite soirée tranquille.
Mais pas ce soir! Non. Ma sauterelle allait à son premier camp de scouts. Les bagages étaient préparés depuis la veille. J'avais regardé la carte et les directions sur Google, j'avais même imprimé les directions sur une feuille de papier et pensé à la coller sur mon volant pour que je les voie facilement. Le départ était programmé pour 17h30 - il fallait être au camp pour 19h. Une Louveteau qui est aussi dans la classe de mon fils devait embarquer avec nous puisque ses parents n'étaient pas en ville en fin de semaine.
Premier pépin. La Louveteau est arrivée avec une demi-heure de retard. Ceux qui me connaissent savent à quel point je déteste être en retard. D'ailleurs, ça m'arrive très rarement. Et quand ça m'arrive, ça me cause tellement de stress. Je pense que ma sauterelle est aussi un peu comme ça car il stressait pas mal à attendre son amie.
Départ à 18h finalement. Tout allait bien, j'étais optimiste de pouvoir rattraper au moins une quinzaine de minutes. Mais non. Je me suis perdue. Mais là, vraiment et complètement perdue! Et ce n'est pas comme se perdre en ville, où il est facile de s'arrêter pour regarder où l'on est. Non, s'arrêter sur une route sinueuse et étroite, sans lumière, c'est beaucoup moins évident. Et malheur si l'on réalise qu'il faut faire demi tour; ça peut prendre quelques kilomètres avant de trouver un bon endroit. Puis, pour couronner le tout, lorsque j'ai finalement trouvé un endroit décent où m'arrêter, il n'y avait pas de réception cellulaire. J'ai fait demi-tour car j'avais l'intuition d'être au mauvais endroit et je me suis arrêter à nouveau plus loin, cette fois complètement certaine d'être perdue. Le iPhone dans les mains, j'ai sacré contre la maudite nouvelle application de cartes de Apple. Ça ne marche pas! Heureusement qu'il y a Google Map et que j'ai pu me connecter à internet.
Cette petite séance de tournage en rond m'a fait perdre une heure. Google Map m'a indiqué le bon chemin et j'ai compris où je m'étais trompée. Je savais qu'il me restait près d'une heure à faire encore et il était 19h. Oh well, je serais vraiment en retard, mais il n'y avait rien d'autre à faire que de continuer.
Sauf que ma sauterelle a commencé à paniquer. Sur la banquette arrière, il me posait des questions, s'énervait, se fâchait. Pauvre ti-pou. Mais nous sommes arrivés, sains et saufs au camp, et avons été accueillis avec compréhension.
Vous savez quoi? Ma sauterelle était encore inquiète lorsque je suis partie. Mon fils avait peur que je me perde à nouveau et que cette fois, je n'arrive pas à retrouver mon chemin pour retourner à la maison. :)
Je suis maintenant de retour à la maison et je sais que je resterai un peu inquiète toute la fin de semaine. Pas assez pour m'empêcher de dormir, mais assez pour me demander si tout va bien, s'il est anxieux. Je le saurai dimanche lorsque je retournerai le chercher j'imagine. :)
Bonne fin de semaine!
dimanche 30 septembre 2012
Semaine chargée mais pleine de bonnes nouvelles
La semaine a été... je ne sais même pas si je peux trouver un mot la qualifiant. Pleine de promesses peut-être?
J'ai enfin du plaisir au bureau. Ça a commencé au début de l'été avec mes nouveaux projets, puis à mon retour de vacances, ça a été comme si je retrouvais la Stéphanie d'il y a un an. Les choses bougent, je suis occupée. J'ai une nouvelle patronne depuis deux semaines et elle me pousse beaucoup, elle est très exigeante et j'aime ça. Elle a su secouer quelques dossiers qui s'empoussiéraient au bas des piles et tout d'un coup, le travail que je faisais avant renaît. Il y a plein de portes qui s'ouvrent et je cherche les heures pour faire tout ce que j'ai à faire. C'est comme ça que j'aime le bureau. J'arrive à la maison fatiguée, mais souriante.
C'est certain que mon poste n'est pas assuré. Je suis encore en situation précaire, mais je suis malgré tout optimiste. Je fais mes preuves comme gestionnaire et je pense que même si mon poste est aboli, je saurai trouver ma place ailleurs. C'est en gros la discussion que j'ai eue avec ma patronne la semaine passée. Puis jeudi, comme ça, sans que je m'y attende, on me demande si je suis intéressée à une affectation. C'est pour un projet de TI, ce n'est pas mon domaine, mais ça serait intéressant. J'ai une rencontre demain matin pour en savoir plus. Je ne pense pas que j'accepterai, le timing n'est pas bon et il y a trop de choses qui se brassent dans mon unité. Mais peu importe, ça fait plaisir.
Et puis, il y a eu ce rendez-vous chez le médecin jeudi. Bien sûr, ça m'a stressée et gardée éveillée une partie de la nuit, mais le changement de médicament semble être positif. Ça fonctionne! Il faudra augmenter un peu la dose cette semaine, mais ma sauterelle est plus concentrée, organisée, moins hyperstimulée par tout autour de lui. Je le trouve même moins anxieux. Pourtant, ce n'est pas supposé avoir d'effets sur l'anxiété, mais je me dis que peut-être, l'hyperstimulation l'augmentait. Qui sait... En tout cas, je suis heureuse d'avoir insisté, car le pédiatre ne semblait pas convaincu.
En plus, le médecin a rédigé une lettre pour le Pavillon du Parc pour faire changer le code de priorité de mon fils. Deux ans et son dossier n'a pas encore été traité... Alors si ça peut aider. J'ai appelé la travailleuse sociale vendredi, lui ai envoyé une copie de la lettre. Elle semble confiante que ça aiderai. Tout ça en plus des appels que ma soeur a fait les deux dernières semaines. Le médecin va aussi appeler le pédopsychiatre de mon fils pour suggérer qu'il soit suivi par un psychoéducateur de l'hôpital Pierre-Janet en attendant qu'il soit vu au Pavillon du Parc.
Je me sens comme si je montais une pente raide depuis longtemps et que depuis deux semaines, pleine de personnes m'avaient donné quelques bonnes poussées pour m'aider. Maintenant, j'ai pris mon élan et c'est beaucoup plus facile de mettre un pied devant l'autre. Laissez-moi vous dire que ça fait du bien! :)
J'ai enfin du plaisir au bureau. Ça a commencé au début de l'été avec mes nouveaux projets, puis à mon retour de vacances, ça a été comme si je retrouvais la Stéphanie d'il y a un an. Les choses bougent, je suis occupée. J'ai une nouvelle patronne depuis deux semaines et elle me pousse beaucoup, elle est très exigeante et j'aime ça. Elle a su secouer quelques dossiers qui s'empoussiéraient au bas des piles et tout d'un coup, le travail que je faisais avant renaît. Il y a plein de portes qui s'ouvrent et je cherche les heures pour faire tout ce que j'ai à faire. C'est comme ça que j'aime le bureau. J'arrive à la maison fatiguée, mais souriante.
C'est certain que mon poste n'est pas assuré. Je suis encore en situation précaire, mais je suis malgré tout optimiste. Je fais mes preuves comme gestionnaire et je pense que même si mon poste est aboli, je saurai trouver ma place ailleurs. C'est en gros la discussion que j'ai eue avec ma patronne la semaine passée. Puis jeudi, comme ça, sans que je m'y attende, on me demande si je suis intéressée à une affectation. C'est pour un projet de TI, ce n'est pas mon domaine, mais ça serait intéressant. J'ai une rencontre demain matin pour en savoir plus. Je ne pense pas que j'accepterai, le timing n'est pas bon et il y a trop de choses qui se brassent dans mon unité. Mais peu importe, ça fait plaisir.
Et puis, il y a eu ce rendez-vous chez le médecin jeudi. Bien sûr, ça m'a stressée et gardée éveillée une partie de la nuit, mais le changement de médicament semble être positif. Ça fonctionne! Il faudra augmenter un peu la dose cette semaine, mais ma sauterelle est plus concentrée, organisée, moins hyperstimulée par tout autour de lui. Je le trouve même moins anxieux. Pourtant, ce n'est pas supposé avoir d'effets sur l'anxiété, mais je me dis que peut-être, l'hyperstimulation l'augmentait. Qui sait... En tout cas, je suis heureuse d'avoir insisté, car le pédiatre ne semblait pas convaincu.
En plus, le médecin a rédigé une lettre pour le Pavillon du Parc pour faire changer le code de priorité de mon fils. Deux ans et son dossier n'a pas encore été traité... Alors si ça peut aider. J'ai appelé la travailleuse sociale vendredi, lui ai envoyé une copie de la lettre. Elle semble confiante que ça aiderai. Tout ça en plus des appels que ma soeur a fait les deux dernières semaines. Le médecin va aussi appeler le pédopsychiatre de mon fils pour suggérer qu'il soit suivi par un psychoéducateur de l'hôpital Pierre-Janet en attendant qu'il soit vu au Pavillon du Parc.
Je me sens comme si je montais une pente raide depuis longtemps et que depuis deux semaines, pleine de personnes m'avaient donné quelques bonnes poussées pour m'aider. Maintenant, j'ai pris mon élan et c'est beaucoup plus facile de mettre un pied devant l'autre. Laissez-moi vous dire que ça fait du bien! :)
vendredi 28 septembre 2012
Je ne dors pas
4:49... Je suis réveillée depuis près de deux heures. Je sais que mon réveil va sonner dans 41 minutes et que ma nuit aura été bien courte.
Qu'est-ce qui m'empêche de dormir? Deux choses.
La première, ma sauterelle. Demain, il changera de molécule pour traiter son TDAH. Le médecin a accepté hier d'essayer autre chose. Il n'est pas bien convaincu - il croit que les difficultés de concentration en classe sont plutôt dues à son anxiété qu'à une médication inefficace. J'en suis moins certaine. Je pense que son anxiété en classe est due à sa difficulté à se concentrer. On essaie, on verra.
Sauf qu'un nouveau médicament signifie un nouveau dosage. Je risque donc d'envoyer mon fils à l'école dans quelques heures avec une dose insuffisante pour l'aider à passer au travers de sa journée. Quelle sorte de journée va-t-il passer?
Et je sens qu'il est inquiet aussi. Il ne dort pas lui non plus. Je l'entends se retourner dans son lit.
Et il y a autre chose.
Hier après-midi, j'ai reçu un courriel demandant si je serais intéressée par une affectation de deux ans pour travailler à l'implantation d'une initiative à travers le gouvernement du Canada. Cette initiative est une priorité gouvernementale et le projet m'intéresse.
Mais voilà, le timing n'est pas bon! Je travaille déjà sur un projet vraiment le fun. En même temps, j'apprends une nouvelle discipline et je démontre mes capacités à mes patrons. Ce projet se terminera dans six mois.
Mon poste où je travaille n'est pas encore assuré. Je pourrais facilement me retrouver devant rien dans 6 mois. Ou bien, je pourrais me voir offrir de nouvelles responsabilités au sein de ma division. L'autre poste est temporaire. C'est certain que dans deux ans, c'est fini. Alors quoi ensuite?
Je ne sais pas quoi faire. C'est certain qu'il me manque encore trop d'infos et que ce n'est pas demain que je prendrai décision, mais ça me tient éveillée...
Un jour à la fois n'est-ce pas?
Qu'est-ce qui m'empêche de dormir? Deux choses.
La première, ma sauterelle. Demain, il changera de molécule pour traiter son TDAH. Le médecin a accepté hier d'essayer autre chose. Il n'est pas bien convaincu - il croit que les difficultés de concentration en classe sont plutôt dues à son anxiété qu'à une médication inefficace. J'en suis moins certaine. Je pense que son anxiété en classe est due à sa difficulté à se concentrer. On essaie, on verra.
Sauf qu'un nouveau médicament signifie un nouveau dosage. Je risque donc d'envoyer mon fils à l'école dans quelques heures avec une dose insuffisante pour l'aider à passer au travers de sa journée. Quelle sorte de journée va-t-il passer?
Et je sens qu'il est inquiet aussi. Il ne dort pas lui non plus. Je l'entends se retourner dans son lit.
Et il y a autre chose.
Hier après-midi, j'ai reçu un courriel demandant si je serais intéressée par une affectation de deux ans pour travailler à l'implantation d'une initiative à travers le gouvernement du Canada. Cette initiative est une priorité gouvernementale et le projet m'intéresse.
Mais voilà, le timing n'est pas bon! Je travaille déjà sur un projet vraiment le fun. En même temps, j'apprends une nouvelle discipline et je démontre mes capacités à mes patrons. Ce projet se terminera dans six mois.
Mon poste où je travaille n'est pas encore assuré. Je pourrais facilement me retrouver devant rien dans 6 mois. Ou bien, je pourrais me voir offrir de nouvelles responsabilités au sein de ma division. L'autre poste est temporaire. C'est certain que dans deux ans, c'est fini. Alors quoi ensuite?
Je ne sais pas quoi faire. C'est certain qu'il me manque encore trop d'infos et que ce n'est pas demain que je prendrai décision, mais ça me tient éveillée...
Un jour à la fois n'est-ce pas?
mardi 18 septembre 2012
Garde partagée?
J'ai reçu un appel du père de mon fils ce soir. Oui, oui, celui-là même qui, il y a un mois à peine, me demandait d'être payé pour s'occuper de son fils une journée pendant que j'allais à des funérailles.
Eh bien, il semblerait que l'élection d'un gouvernement péquiste, même minoritaire, lui fasse très peur et qu'il ait réussi à convaincre sa copine de quitter Sherbrooke pour s'installer à Ottawa. Vous aurez deviné qu'il est anglophone...
Le prétexte est selon moi un peu ridicule, mais bon, qui suis-je pour juger ses convictions politiques? Ce qui m'a dérangé dans la conversation, c'est plutôt la suite.
Il voudrait une garde partagée bien entendu.
Comprenez-moi, je n'ai rien contre les gardes partagées. Lorsque les deux parents sont investis dans l'éducation de leur enfant et qu'ils travaillent ensemble...
Mais dans son cas... Suis-je la seule à voir que ça n'a aucun bon sens? Nous sommes séparés depuis près de sept ans et il ne s'est jamais occupé de son fils. Même lorsqu'il habitait à Ottawa, il n'arrivait pas à respecter son engagement de le prendre une fin de semaine sur deux. Alors à toutes les deux semaines?
Et puis, est-ce que ce serait vraiment dans le meilleur intérêt de ma sauterelle? Lui qui a besoin de routine, d'encadrement, de structure? Comment son père pourrait-il l'aider à faire ses devoirs? Il parle à peine le français... Il a aussi de longues heures de travail et n'arrive souvent pas avant 18 heures 30.
Il ne s'est jamais occupé de lui. Il l'aime, il veut le voir, mais uniquement quand ça l'arrange.
Au fond, je sais très bien quelles sont ses motivations. Il ne veut plus payer de pension pour son fils; il doit même se dire qu'avec une garde partagée, c'est moi qui devrais lui donner des sous.
Ça m'enrage. Je sais qu'il n'a pas de chances réelles d'obtenir la garde. Il faudrait qu'il soit capable de se payer un avocat. Mais ça m'enrage quand même. Depuis des années, je cours les spécialistes, les rendez-vous avec les orthos-ci, les ergos-ça, les psy, les docteurs. Je rencontre la direction de l'école, l'enseignante, la TES. Je reçois les appels au bureau quand il est en crise; je laisse tout tomber si je dois aller le chercher. Je suis celle qui le berce et le calme lorsqu'il est en panique. Je suis celle qui est revirée à l'envers lorsqu'il ne va pas bien. Je suis celle qui fond en larmes quand je ne sais plus quoi faire et celle qui doit demander de l'aide à sa famille.
En sept ans qu'a vu son père de tout ça? Dans la dernière année, mon fils est allé chez son père pendant six jours à Noël et sept jours cet été. En plus de ça, son père est venu une fois en janvier, une fois en juin... et c'est tout. Il ne l'a jamais amené chez le dentiste, non, il n'a jamais eu à le tenir dans ses bras et à lui parler à deux pouces du visage pour qu'il se calme sur la chaise du dentiste. Il ne l'a jamais bercé jusqu'aux petites heures du matin parce que rien d'autre ne calmait ses peurs. Il n'a pas entendu son fils lui dire qu'il voulait mourir. Il n'a pas non plus vu son fils attendre son père pendant des heures devant la fenêtre du salon un après-midi où son père a juste décidé de ne pas venir. Et il ne voudrait pas non plus.
Être parent, ça signifie savoir prendre des décisions pour le bien de son enfant et non pour son propre bien. Ça m'enrage... En abandonnant son enfant comme il l'a fait, on devrait pouvoir considérer qu'il a abandonné tous ses droits de père.
Eh bien, il semblerait que l'élection d'un gouvernement péquiste, même minoritaire, lui fasse très peur et qu'il ait réussi à convaincre sa copine de quitter Sherbrooke pour s'installer à Ottawa. Vous aurez deviné qu'il est anglophone...
Le prétexte est selon moi un peu ridicule, mais bon, qui suis-je pour juger ses convictions politiques? Ce qui m'a dérangé dans la conversation, c'est plutôt la suite.
Il voudrait une garde partagée bien entendu.
Comprenez-moi, je n'ai rien contre les gardes partagées. Lorsque les deux parents sont investis dans l'éducation de leur enfant et qu'ils travaillent ensemble...
Mais dans son cas... Suis-je la seule à voir que ça n'a aucun bon sens? Nous sommes séparés depuis près de sept ans et il ne s'est jamais occupé de son fils. Même lorsqu'il habitait à Ottawa, il n'arrivait pas à respecter son engagement de le prendre une fin de semaine sur deux. Alors à toutes les deux semaines?
Et puis, est-ce que ce serait vraiment dans le meilleur intérêt de ma sauterelle? Lui qui a besoin de routine, d'encadrement, de structure? Comment son père pourrait-il l'aider à faire ses devoirs? Il parle à peine le français... Il a aussi de longues heures de travail et n'arrive souvent pas avant 18 heures 30.
Il ne s'est jamais occupé de lui. Il l'aime, il veut le voir, mais uniquement quand ça l'arrange.
Au fond, je sais très bien quelles sont ses motivations. Il ne veut plus payer de pension pour son fils; il doit même se dire qu'avec une garde partagée, c'est moi qui devrais lui donner des sous.
Ça m'enrage. Je sais qu'il n'a pas de chances réelles d'obtenir la garde. Il faudrait qu'il soit capable de se payer un avocat. Mais ça m'enrage quand même. Depuis des années, je cours les spécialistes, les rendez-vous avec les orthos-ci, les ergos-ça, les psy, les docteurs. Je rencontre la direction de l'école, l'enseignante, la TES. Je reçois les appels au bureau quand il est en crise; je laisse tout tomber si je dois aller le chercher. Je suis celle qui le berce et le calme lorsqu'il est en panique. Je suis celle qui est revirée à l'envers lorsqu'il ne va pas bien. Je suis celle qui fond en larmes quand je ne sais plus quoi faire et celle qui doit demander de l'aide à sa famille.
En sept ans qu'a vu son père de tout ça? Dans la dernière année, mon fils est allé chez son père pendant six jours à Noël et sept jours cet été. En plus de ça, son père est venu une fois en janvier, une fois en juin... et c'est tout. Il ne l'a jamais amené chez le dentiste, non, il n'a jamais eu à le tenir dans ses bras et à lui parler à deux pouces du visage pour qu'il se calme sur la chaise du dentiste. Il ne l'a jamais bercé jusqu'aux petites heures du matin parce que rien d'autre ne calmait ses peurs. Il n'a pas entendu son fils lui dire qu'il voulait mourir. Il n'a pas non plus vu son fils attendre son père pendant des heures devant la fenêtre du salon un après-midi où son père a juste décidé de ne pas venir. Et il ne voudrait pas non plus.
Être parent, ça signifie savoir prendre des décisions pour le bien de son enfant et non pour son propre bien. Ça m'enrage... En abandonnant son enfant comme il l'a fait, on devrait pouvoir considérer qu'il a abandonné tous ses droits de père.
vendredi 14 septembre 2012
Viva mi familia!
Mardi soir, j'étais tellement découragée, tellement triste, défaite, épuisée. J'ai utilisé la comparaison plusieurs fois, mais je me sentais comme ces petits chiens (vous savez ceux qui sont si petits qu'on se demande pourquoi leur propriétaire n'a pas acheté de chat à la place - ou même un cochon d'Inde) qu'on attache à une laisse, elle même attachée à un poteau. Et ma laisse, je ne la sentais pas bien bien longue. À chaque effort que je faisais pour m'éloigner, elle m'étouffais un peu plus pour me laissée épuisée de toujours chercher son souffle.
Je ne le fais pas assez souvent; je choisis la plupart du temps de me replier sur moi même et de me cacher dans mon trou pour pleurer. J'avoue que c'est ce qui est le plus facile. Le lendemain, je vais mieux et je n'ai pas perdu la face. Mais mardi, je ne pouvais pas le faire, je devais tendre la main vers quelqu'un - demander de l'aide. Demander à quelqu'un d'autre de m'écouter et de me faire voir ma réalité.
J'ai pris le téléphone et j'ai appelé ma soeur. J'adore ma soeur. Nous sommes très différentes, mais pour elle comme pour moi, la famille, c'est sacré. En plus, ma soeur a un diplôme en techniques d'éducation spécialisée. Elle a travaillé avec les personnes handicapées, elle a travaillé dans des écoles avec des enfants à défis, elle travaille maintenant comme éducatrice dans sa propre garderie. Elle est aussi mère de deux filles fantastiques.
Enfants, nous passions notre temps à nous chicaner. Elle était jalouse parce que j'étais la plus vieille, j'étais jalouse parce qu'elle était la plus jeune. Mais la maternité nous a rapprochées. En anglais, on dirait qu'elle a un personnalité de "no nonsense".
Elle m'a écoutée, sans me juger. Lorsque j'ai raccroché, je me sentais déjà mieux. Je sentais que le sentiment que j'éprouvais était légitime, que j'avais le droit de me sentir ainsi.
Le lendemain, elle a téléphoné au Pavillon du Parc (CRDI de l'Outaouais) où elle a travaillé longtemps. Elle a demandé où était mon dossier et comment ça se faisait que j'étais encore en attente de services plus de deux ans après l'annonce du diagnostic de ma sauterelle. Elle m'est revenue le soir-même avec des idées sur la façon de faire bouger le dossier plus vite. C'est certain que j'aurais pu faire cet appel moi-même... mais des fois, se battre est tellement épuisant. Avoir à raconter la même histoire encore et encore, en essayant de retenir ses larmes parce qu'on n'en peut plus... ça épuise, ça épuise.
Puis hier, le téléphone sonne. C'est ma mère... Ma mère qui a parlé à ma soeur et qui sait que j'ai eu une soirée difficile. Elle m'appelle et m'offre d'aller chercher mon fils à l'école de temps et temps et de le garder jusqu'au lendemain. "Tu n'as pas besoin d'avoir une sortie de prévue pour me demander de garder tu sais!"
Puis ma soeur qui rappelle un peu plus tard et qui m'annonce qu'elle va amener mon fils au camping en fin de semaine. Et que son chum m'offre de prendre mon fils une fin de semaine sur deux pour remplacer la fin de semaine sur deux qu'il est supposé passer avec son père.
Mardi, j'ai pleuré toute la soirée. Il y avait cette laisse qui m'empêchait d'avancer. Puis ce soir, je vois toutes ces personnes de ma famille qui sont venues me libérer, m'aider, m'aimer. Le sentiment que j'ai depuis hier est tellement différent. Je me sens privilégiée d'avoir une famille pareille sur laquelle je peux compter.
Je ne le fais pas assez souvent; je choisis la plupart du temps de me replier sur moi même et de me cacher dans mon trou pour pleurer. J'avoue que c'est ce qui est le plus facile. Le lendemain, je vais mieux et je n'ai pas perdu la face. Mais mardi, je ne pouvais pas le faire, je devais tendre la main vers quelqu'un - demander de l'aide. Demander à quelqu'un d'autre de m'écouter et de me faire voir ma réalité.
J'ai pris le téléphone et j'ai appelé ma soeur. J'adore ma soeur. Nous sommes très différentes, mais pour elle comme pour moi, la famille, c'est sacré. En plus, ma soeur a un diplôme en techniques d'éducation spécialisée. Elle a travaillé avec les personnes handicapées, elle a travaillé dans des écoles avec des enfants à défis, elle travaille maintenant comme éducatrice dans sa propre garderie. Elle est aussi mère de deux filles fantastiques.
Enfants, nous passions notre temps à nous chicaner. Elle était jalouse parce que j'étais la plus vieille, j'étais jalouse parce qu'elle était la plus jeune. Mais la maternité nous a rapprochées. En anglais, on dirait qu'elle a un personnalité de "no nonsense".
Elle m'a écoutée, sans me juger. Lorsque j'ai raccroché, je me sentais déjà mieux. Je sentais que le sentiment que j'éprouvais était légitime, que j'avais le droit de me sentir ainsi.
Le lendemain, elle a téléphoné au Pavillon du Parc (CRDI de l'Outaouais) où elle a travaillé longtemps. Elle a demandé où était mon dossier et comment ça se faisait que j'étais encore en attente de services plus de deux ans après l'annonce du diagnostic de ma sauterelle. Elle m'est revenue le soir-même avec des idées sur la façon de faire bouger le dossier plus vite. C'est certain que j'aurais pu faire cet appel moi-même... mais des fois, se battre est tellement épuisant. Avoir à raconter la même histoire encore et encore, en essayant de retenir ses larmes parce qu'on n'en peut plus... ça épuise, ça épuise.
Puis hier, le téléphone sonne. C'est ma mère... Ma mère qui a parlé à ma soeur et qui sait que j'ai eu une soirée difficile. Elle m'appelle et m'offre d'aller chercher mon fils à l'école de temps et temps et de le garder jusqu'au lendemain. "Tu n'as pas besoin d'avoir une sortie de prévue pour me demander de garder tu sais!"
Puis ma soeur qui rappelle un peu plus tard et qui m'annonce qu'elle va amener mon fils au camping en fin de semaine. Et que son chum m'offre de prendre mon fils une fin de semaine sur deux pour remplacer la fin de semaine sur deux qu'il est supposé passer avec son père.
Mardi, j'ai pleuré toute la soirée. Il y avait cette laisse qui m'empêchait d'avancer. Puis ce soir, je vois toutes ces personnes de ma famille qui sont venues me libérer, m'aider, m'aimer. Le sentiment que j'ai depuis hier est tellement différent. Je me sens privilégiée d'avoir une famille pareille sur laquelle je peux compter.
mardi 11 septembre 2012
Culpabilité de maman
Je me sens moche, horrible, égoïste... Mais je n'y peux rien, je me sens comme ça. J'ai l'impression d'avoir une chaîne autour des pieds, une chaîne avec très peu de leste.
Je reviens de la session d'inscription aux scouts. C'est la première fois que j'inscris mon fils à une activité qui aura lieu un soir de semaine. Il voulait faire du basket ou les scouts. Je lui ai demandé de choisir car une c'est suffisant : il a déjà suffisamment de difficulté à fonctionner en soirée, à faire ses tâches et à étudier. Il a réfléchi et a finalement choisi les scouts.
Tout se passait bien jusque là. Même chose lorsque nous sommes arrivés dans la salle même si au bout de 15 secondes il était accroché à mon bras comme si sa vie en dépendait. On nous a donné le formulaire et la feuille explicative. Et plus rien n'allait ensuite.
Quand il a vu qu'il devrait partir deux fois pendant l'année pour une fin de semaine avec les Louveteaux, il a paniqué. Les larmes ont coulé, la respiration s'est accélérée, les muscles sont devenus tout raides. "Toute la nuit loin de toi?" "Tout à coup que j'ai un accident? Ou que toi tu as un accident et que tu ne peux pas venir me chercher?" Rien à faire, il ne se calmait pas. J'ai bien failli prendre ma feuille de papier, me lever et partir. Laisser tomber les scouts et choisir le basket.
Qu'est-ce que je suis supposée faire? D'un côté, je sens que sa peur est réelle, qu'il est vraiment anxieux. De l'autre, c'est ma job de parent de lui apprendre à être indépendant, à surmonter ses peurs, à expérimenter de nouvelles choses. Et il y a moi aussi. Juste d'écrire ça me rend malade... Mais est-ce que j'ai le droit d'exister au-delà de mon rôle de mère? Je voudrais prendre un cour, ou juste aller magasiner, prendre un café sans lui une fois de temps en temps. Avoir un soir par semaine de libre, un tout petit deux heures, pour moi...
Donc, je suis là, assise à une table avec un grand garçon de neuf ans assis sur mes genoux qui pleure et qui panique. Il y a plein d'autres enfants autour qui crient et jouent. Je ne me suis pas levée, je l'ai calmé. On a respiré profondément ensemble et quand la crise a passé, j'ai raisonné avec lui. Je lui ai parlé de l'expérience, du fait qu'il serait avec des animateurs qu'il connait, d'autres enfants qu'il connait aussi. Que la sortie n'était pas la semaine prochaine, qu'il aurait le temps de se préparer. Ça a marché. Il a admis avoir peur, mais qu'il serait capable de surmonter cette peur.
Oufff. J'étais convaincue d'avoir réussi. Comme je me trompais. Une fois les chèques et le formulaire remis, il a appris que les rencontres étaient tous les lundis et duraient deux heures. Je ne comprends pas pourquoi il a fait une crise pour ça. Il ne voulait pas que moi, je fasse autre chose pendant ce deux heures. C'est comme s'il avait constamment besoin de savoir où je suis précisément et ce que je fais à chaque instant.
C'est lourd... C'est très lourd. Il a presque dix ans. Je voudrais qu'il aille chez ses amis jouer, qu'il les invite ici, qu'il fasse du vélo comme tous les autres enfants du quartier. J'ai finalement trouvé quelqu'un dans mon quartier qui pourrait le garder de temps en temps. La fille d'une amie qui habite tout près. On ne parle pas de journées complètes pour le moment, mais bien d'une heure ou deux. Pour me donner la chance de m'inscrire à un gym par exemple. J'aimerais tellement ça. Mais à chaque fois que je lui en parle, c'est la panique. Qu'est-ce que je suis supposée faire?
Il est assis sur l'autre sofa à côté de moi en ce moment. Il me demande dans combien de temps, dans combien de mots j'aurai fini parce qu'il veut venir s'asseoir sur moi pour le reste de la soirée. Je sais que quand il ira se coucher, il va me demander à quelle heure je vais me coucher et qui si j'ai le malheur d'ouvrir la porte d'entrée une fois qu'il sera couché, je le verrai descendre en courant pour s'assurer que je suis encore dans la maison.
D'où lui vient cette peur? Je ne l'ai jamais abandonné. J'ai toujours été là, je ne suis jamais arrivée en retard. Je ne comprends pas, mais il faut que ça change parce que maman là, elle a l'impression de ne plus pouvoir faire un pas sans avoir de comptes à rendre ou sans avoir à traîner un garçon de soixante-cinq livres solidement accroché à mon bras. Quel genre d'adulte va-t-il devenir s'il n'arrive pas à passer par dessus cette phase?
Je ne sais vraiment plus quoi faire... Mais je suis au bord de craquer...
Je reviens de la session d'inscription aux scouts. C'est la première fois que j'inscris mon fils à une activité qui aura lieu un soir de semaine. Il voulait faire du basket ou les scouts. Je lui ai demandé de choisir car une c'est suffisant : il a déjà suffisamment de difficulté à fonctionner en soirée, à faire ses tâches et à étudier. Il a réfléchi et a finalement choisi les scouts.
Tout se passait bien jusque là. Même chose lorsque nous sommes arrivés dans la salle même si au bout de 15 secondes il était accroché à mon bras comme si sa vie en dépendait. On nous a donné le formulaire et la feuille explicative. Et plus rien n'allait ensuite.
Quand il a vu qu'il devrait partir deux fois pendant l'année pour une fin de semaine avec les Louveteaux, il a paniqué. Les larmes ont coulé, la respiration s'est accélérée, les muscles sont devenus tout raides. "Toute la nuit loin de toi?" "Tout à coup que j'ai un accident? Ou que toi tu as un accident et que tu ne peux pas venir me chercher?" Rien à faire, il ne se calmait pas. J'ai bien failli prendre ma feuille de papier, me lever et partir. Laisser tomber les scouts et choisir le basket.
Qu'est-ce que je suis supposée faire? D'un côté, je sens que sa peur est réelle, qu'il est vraiment anxieux. De l'autre, c'est ma job de parent de lui apprendre à être indépendant, à surmonter ses peurs, à expérimenter de nouvelles choses. Et il y a moi aussi. Juste d'écrire ça me rend malade... Mais est-ce que j'ai le droit d'exister au-delà de mon rôle de mère? Je voudrais prendre un cour, ou juste aller magasiner, prendre un café sans lui une fois de temps en temps. Avoir un soir par semaine de libre, un tout petit deux heures, pour moi...
Donc, je suis là, assise à une table avec un grand garçon de neuf ans assis sur mes genoux qui pleure et qui panique. Il y a plein d'autres enfants autour qui crient et jouent. Je ne me suis pas levée, je l'ai calmé. On a respiré profondément ensemble et quand la crise a passé, j'ai raisonné avec lui. Je lui ai parlé de l'expérience, du fait qu'il serait avec des animateurs qu'il connait, d'autres enfants qu'il connait aussi. Que la sortie n'était pas la semaine prochaine, qu'il aurait le temps de se préparer. Ça a marché. Il a admis avoir peur, mais qu'il serait capable de surmonter cette peur.
Oufff. J'étais convaincue d'avoir réussi. Comme je me trompais. Une fois les chèques et le formulaire remis, il a appris que les rencontres étaient tous les lundis et duraient deux heures. Je ne comprends pas pourquoi il a fait une crise pour ça. Il ne voulait pas que moi, je fasse autre chose pendant ce deux heures. C'est comme s'il avait constamment besoin de savoir où je suis précisément et ce que je fais à chaque instant.
C'est lourd... C'est très lourd. Il a presque dix ans. Je voudrais qu'il aille chez ses amis jouer, qu'il les invite ici, qu'il fasse du vélo comme tous les autres enfants du quartier. J'ai finalement trouvé quelqu'un dans mon quartier qui pourrait le garder de temps en temps. La fille d'une amie qui habite tout près. On ne parle pas de journées complètes pour le moment, mais bien d'une heure ou deux. Pour me donner la chance de m'inscrire à un gym par exemple. J'aimerais tellement ça. Mais à chaque fois que je lui en parle, c'est la panique. Qu'est-ce que je suis supposée faire?
Il est assis sur l'autre sofa à côté de moi en ce moment. Il me demande dans combien de temps, dans combien de mots j'aurai fini parce qu'il veut venir s'asseoir sur moi pour le reste de la soirée. Je sais que quand il ira se coucher, il va me demander à quelle heure je vais me coucher et qui si j'ai le malheur d'ouvrir la porte d'entrée une fois qu'il sera couché, je le verrai descendre en courant pour s'assurer que je suis encore dans la maison.
D'où lui vient cette peur? Je ne l'ai jamais abandonné. J'ai toujours été là, je ne suis jamais arrivée en retard. Je ne comprends pas, mais il faut que ça change parce que maman là, elle a l'impression de ne plus pouvoir faire un pas sans avoir de comptes à rendre ou sans avoir à traîner un garçon de soixante-cinq livres solidement accroché à mon bras. Quel genre d'adulte va-t-il devenir s'il n'arrive pas à passer par dessus cette phase?
Je ne sais vraiment plus quoi faire... Mais je suis au bord de craquer...
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