Il y a deux ans, ou à peu près, mon coeur se brisait. J'avais gardé espoir pendant de longues semaines. J'avais persévéré comme je le fais toujours. J'y avais cru. Mais la réalité est venue me rattraper. NON. Rien à faire. Un couple, ça se fait à deux et quand on est seul à y croire, ça ne marche pas.
Ce n'était pas ma première déception amoureuse. J'espère que ça aura été la dernière, mais qui sait. Personne ne s'est approché de mon coeur depuis. Même pas près.
Mais pour la première fois, j'ai mis du temps à me relever. Le pire été de ma vie. Ma solitude que je n'avais jamais trouvée trop lourde à porter, me clouait au sol et m'empêchait de respirer.
Puis le coup de grâce. Mon amie qui met fin à ses jours comme ça. Comme on décide de se faire couper les cheveux.
Je n'ai que peu de souvenirs des quatre semaines qui ont suivi. Mes nuits se passaient les yeux rivés au plafond. J'avais trop peur de les fermer car mes paupières étaient hantées de l'image d'un garçon qui portait le fardeau du geste absurde de sa mère. Ma peur me vrillait les tempes.
Un beau matin d'octobre. Le téléphone qui sonne dans mon bureau. Mon envie furieuse de disparaitre. Ne plus voir, ne plus entendre. Ne plus sentir.
Troubles de l'adaptation et de l'humeur. Le diagnostic de mon médecin après que j'ai eu l'intelligence d'ignorer mon orgueil et la force de demander de l'aide.
Troubles de l'adaptation et de l'humeur.
Troubles de l'adaptation et de l'humeur.
Même diagnostic.
Je suis sous le choc. Je ne comprends pas. J'avoue, je ne comprends pas du tout. Je sais comment je me sentais à ce moment-là. J'aurais pu faire mal à mon enfant? Jamais! Je voulais tellement le protéger de ce mal que j'ai pris ma voiture et je suis allée voir mon médecin. J'ai pris congé, je me suis soignée. Pour moi, oui. Pour mon fils, surtout.
Ce n'était pas une grosse dépression. Je sais que certaines personnes sont littéralement terassés par cette terrible maladie. Mais de là à transpercer de dizaine de coups de couteau le corps d'un enfant de 2 ans?
MA-LA-DE cet homme? Oui. Responsable de ce qu'il a fait? Comment peut-il en être autrement? Comment la dépression peut-elle servir d'excuse au meurtre? Il est médecin. Cardiologue peut-être, mais il a fait école de médecine. Il connait la dépression.
Ce soir je pense à ces enfants... Ils n'ont eu aucune chance. Victimes de leur père. Mort atroce.
Je pense à cette mère qui a perdu ses enfants. Qui entend la justice lui dire que le coupable n'est pas responsable. Il était déprimé le pauvre petit. Il était déprimé parce que TU l'as trompé et quitté.
Cette mère à qui la tête doit sans doute lui répéter encore et encore qu'elle n'est pas responsable de ce qui est arrivé. Cette mère qui pleure certainement trop fort pour entendre sa tête la raisonner.
Je ne crois pas avoir les mots pour exprimer ma colère ce soir. Où s'en va notre monde si nous n'avons plus à être responsables de nos actes...
se lever, se doucher, réveiller le p'tit, faire le lunch, vite, vite, vite, on va être en retard. Service de garde, ponts embouteillés, café, travail, ponts encore, école, devoirs, souper, douche, histoire... Ouff. Maman peut respirer jusqu'à temps de tomber endormie.
mardi 5 juillet 2011
samedi 2 juillet 2011
Cassonnade, étourderie et boucane
Depuis quelque temps, je me suis mise à cuisiner des desserts. Rien de bien compliqué la plupart du temps, mais pour quelqu'un qui n'avait jamais rien fait d'autre que de la croustade aux pommes, c'est un changement.
La clé, c'est de toujours avoir les ingrédients sous la main. Au cas où l'envie me prendrait. Avant, faire un dessert était toujours une affaire planifiée et je finissais par acheter un mélange à gâteau, ou encore mieux, un gâteau déjà préparé.
Le préféré de ma sauterelle, c'est le pouding chômeur. J'avoue que c'était aussi mon préféré quand j'étais petite. J'ai trouvé une recette facile sur internet. Le meilleur, c'est mon fils qui est tout content.
Cette semaine, je n'arrivais pas à retrouver la recette alors j'en ai essayé une autre. Pas une bonne idée. Il y a avait plus de sauce je pense et pendant la cuisson, tout a débordé. Du sucre qui brûle... Vous savez ce que ça fait? De la fumée.
Ce soir-là, on n'a pas mangé de dessert. Je me suis dit que j'irais acheter un produit pour nettoyer le four le lendemain.
Je l'ai fait? Ce serait mal me connaitre. Oui, je suis allée au magasin. Oui, j'avais fait une liste. Mais j'avais laissé la liste à la maison! :) Ça me ressemble bien.
Alors hier, plusieurs jours plus tard, et ayant complètement oublié cette histoire, j'ai décidé de me faire des nachos pour souper. Je les ai préparés, puis glissés dans le four. 350 degrés.
Le feu a pris. Et j'ai peut-être les ingrédients pour faire des gâteaux, mais je n'ai pas d'extincteur. Je ne savais vraiment pas quoi faire.
J'ai sorti les nachos, éteint le four. J'ai placé une plaque sur le trou d'aération du four et j'ai refermé la porte, espérant que ça s'éteindrait tout seul. Ça a duré une minute peut-être.
Mais la fumée... Mon détecteur de fumée qui se met à crier dès qu'on fait brûler une toast est resté silencieux hier. Pas un son. Et pourtant, mes yeux piquaient à cause de la fumée. J'ai ouvert toutes les fenêtres, le ventilateur. Je suis restée pas trop loin de la cuisine, à l'écoute du moindre bruit, me levant toutes les dix minutes pour m'assurer que le feu ne reprendrait pas.
J'ai toujours eu peur du feu. Enfant, j'ai vu la maison en face de chez moi brûler. Quand j'ai vu le film "La tour infernale", j'ai été plusieurs jours sans pouvoir bien dormir. Je ne pouvait m'empêcher hier d'imaginer ma cuisine en flammes, de me retrouver dans les escaliers, mon passage bloqué par le feu. Je sais, c'est complètement irrationnel comme peur, mais même allumer le barbecue me fait trembler.
Je pense que je vais devoir acheter un nouveau four. Je pourrais changer l'élément uniquement, mais j'ai hérité de la cuisinière de ma grand-mère, qui est morte il y a plus de vingt ans. C'est l'excuse dont j'avais besoin je crois. Le timing n'est pas génial, mais le timing l'est rarement. Et j'en profiterai pour acheter un extincteur aussi.
La clé, c'est de toujours avoir les ingrédients sous la main. Au cas où l'envie me prendrait. Avant, faire un dessert était toujours une affaire planifiée et je finissais par acheter un mélange à gâteau, ou encore mieux, un gâteau déjà préparé.
Le préféré de ma sauterelle, c'est le pouding chômeur. J'avoue que c'était aussi mon préféré quand j'étais petite. J'ai trouvé une recette facile sur internet. Le meilleur, c'est mon fils qui est tout content.
Cette semaine, je n'arrivais pas à retrouver la recette alors j'en ai essayé une autre. Pas une bonne idée. Il y a avait plus de sauce je pense et pendant la cuisson, tout a débordé. Du sucre qui brûle... Vous savez ce que ça fait? De la fumée.
Ce soir-là, on n'a pas mangé de dessert. Je me suis dit que j'irais acheter un produit pour nettoyer le four le lendemain.
Je l'ai fait? Ce serait mal me connaitre. Oui, je suis allée au magasin. Oui, j'avais fait une liste. Mais j'avais laissé la liste à la maison! :) Ça me ressemble bien.
Alors hier, plusieurs jours plus tard, et ayant complètement oublié cette histoire, j'ai décidé de me faire des nachos pour souper. Je les ai préparés, puis glissés dans le four. 350 degrés.
Le feu a pris. Et j'ai peut-être les ingrédients pour faire des gâteaux, mais je n'ai pas d'extincteur. Je ne savais vraiment pas quoi faire.
J'ai sorti les nachos, éteint le four. J'ai placé une plaque sur le trou d'aération du four et j'ai refermé la porte, espérant que ça s'éteindrait tout seul. Ça a duré une minute peut-être.
Mais la fumée... Mon détecteur de fumée qui se met à crier dès qu'on fait brûler une toast est resté silencieux hier. Pas un son. Et pourtant, mes yeux piquaient à cause de la fumée. J'ai ouvert toutes les fenêtres, le ventilateur. Je suis restée pas trop loin de la cuisine, à l'écoute du moindre bruit, me levant toutes les dix minutes pour m'assurer que le feu ne reprendrait pas.
J'ai toujours eu peur du feu. Enfant, j'ai vu la maison en face de chez moi brûler. Quand j'ai vu le film "La tour infernale", j'ai été plusieurs jours sans pouvoir bien dormir. Je ne pouvait m'empêcher hier d'imaginer ma cuisine en flammes, de me retrouver dans les escaliers, mon passage bloqué par le feu. Je sais, c'est complètement irrationnel comme peur, mais même allumer le barbecue me fait trembler.
Je pense que je vais devoir acheter un nouveau four. Je pourrais changer l'élément uniquement, mais j'ai hérité de la cuisinière de ma grand-mère, qui est morte il y a plus de vingt ans. C'est l'excuse dont j'avais besoin je crois. Le timing n'est pas génial, mais le timing l'est rarement. Et j'en profiterai pour acheter un extincteur aussi.
vendredi 1 juillet 2011
Long weekend
Une des meilleures choses avec l'arrivée de l'été, est le début d'une longue série de mois avec des fins de semaines de 3 jours. Il y a bien novembre qui fait exception, mais étant fonctionnaire, je suis en congé le 11 novembre.
C'est fou comme ça fait du bien d'avoir ce petit extra, ce petit cadeau gratuit. Un bonus. Deux jours de fin de semaine, ça passe vite si on a des choses à faire; l'été, dieu sait s'il y en a. Les platebandes à désherber, le gazon à couper, les fenêtres à laver, le lavage. Et le ménage. On dirait que la maison se salit plus vite l'été. On passe son temps à rentrer et sortir. Souvent, on est sales et on rapporte terre, gazon coupé. Avec des enfants, c'est pire. Ils reviennent de l'extérieur et on se gratte la tête en se demandant comment ils ont pu accumuler autant de sable dans des SANDALES!! :)
Alors cette petite journée d'extra, elle fait du bien. L'hiver, je me permets de paresser un peu le matin; l'été, plus difficile de rester au lit quand le soleil brille et nous appelle.
Et en fin de semaine, je me suis payée un autre petit cadeau. J'ai pris jeudi de congé. J'avais du gros travail de bras à faire en fin de semaine. J'ai enlevé ma piscine il y a quelques semaines et maintenant, j'ai des roches en quantité que je dois enlever. Pour les mettre où? Bonne question. J'ai passé ma journée à prendre des pelletées de roches, les mettre dans un seau, les transporter et les vides ailleurs. La brouette de mes parents n'a plus de roues alors la chaudière était mon option. Ensuite, il a fallu arracher toutes les pousses d'arbres qui avaient poussé dans la roche, couper les branches, les attacher en ballots. C'était parfait hier pour faire ça. Il a fait beau la plus grosse partie de la journée, mais avec des températures autour de 20, j'ai pu travailler sans avoir trop chaud. Bon, je ne dirais pas que je n'ai pas transpiré. :) J'ai travaillé fort, la preuve, j'ai mal partout ce matin.
Ma sauterelle s'en va cet après-midi. Son père m'a demandé s'il pouvait venir le chercher aujourd'hui plutôt que demain. Une semaine sans petit garçon de 8 ans, ça va faire étrange; ça fait longtemps que je n'ai pas eu la maison à moi seule. Une petite pratique parce qu'à la fin juillet, il va partir pour 3 semaines de suite.
Il n'est pas en grande forme par contre. Il se plaint d'avoir mal à la tête depuis trois jours. L'advil ne semble pas le soulager. Je souffre souvent de maux de tête et migraines - je sais ce que c'est. Ce n'est pas drôle...
Bonne fin de semaine tout le monde. Et Bonne fête du Canada.
C'est fou comme ça fait du bien d'avoir ce petit extra, ce petit cadeau gratuit. Un bonus. Deux jours de fin de semaine, ça passe vite si on a des choses à faire; l'été, dieu sait s'il y en a. Les platebandes à désherber, le gazon à couper, les fenêtres à laver, le lavage. Et le ménage. On dirait que la maison se salit plus vite l'été. On passe son temps à rentrer et sortir. Souvent, on est sales et on rapporte terre, gazon coupé. Avec des enfants, c'est pire. Ils reviennent de l'extérieur et on se gratte la tête en se demandant comment ils ont pu accumuler autant de sable dans des SANDALES!! :)
Alors cette petite journée d'extra, elle fait du bien. L'hiver, je me permets de paresser un peu le matin; l'été, plus difficile de rester au lit quand le soleil brille et nous appelle.
Et en fin de semaine, je me suis payée un autre petit cadeau. J'ai pris jeudi de congé. J'avais du gros travail de bras à faire en fin de semaine. J'ai enlevé ma piscine il y a quelques semaines et maintenant, j'ai des roches en quantité que je dois enlever. Pour les mettre où? Bonne question. J'ai passé ma journée à prendre des pelletées de roches, les mettre dans un seau, les transporter et les vides ailleurs. La brouette de mes parents n'a plus de roues alors la chaudière était mon option. Ensuite, il a fallu arracher toutes les pousses d'arbres qui avaient poussé dans la roche, couper les branches, les attacher en ballots. C'était parfait hier pour faire ça. Il a fait beau la plus grosse partie de la journée, mais avec des températures autour de 20, j'ai pu travailler sans avoir trop chaud. Bon, je ne dirais pas que je n'ai pas transpiré. :) J'ai travaillé fort, la preuve, j'ai mal partout ce matin.
Ma sauterelle s'en va cet après-midi. Son père m'a demandé s'il pouvait venir le chercher aujourd'hui plutôt que demain. Une semaine sans petit garçon de 8 ans, ça va faire étrange; ça fait longtemps que je n'ai pas eu la maison à moi seule. Une petite pratique parce qu'à la fin juillet, il va partir pour 3 semaines de suite.
Il n'est pas en grande forme par contre. Il se plaint d'avoir mal à la tête depuis trois jours. L'advil ne semble pas le soulager. Je souffre souvent de maux de tête et migraines - je sais ce que c'est. Ce n'est pas drôle...
Bonne fin de semaine tout le monde. Et Bonne fête du Canada.
dimanche 26 juin 2011
Je me suis fait peur...
Je viens de réaliser que je n'ai rien publié depuis lundi dernier... Il y a pourtant plein de choses que j'ai envie d'écrire, mais je n'ai pas nécessairement envie de les partager pour le moment. Quand les choses se préciseront, je le ferai, promis.
Petite anecdote :
Mon grand garçon est allé aux fraises aujourd'hui. La première fois de sa vie. Le monsieur a pris le temps de bien expliquer aux trois enfants qu'il ne fallait prendre que les fraises rouges. Il fallait bien les regarder et si elles étaient blanches ou vertes, il ne fallait pas les toucher.
Est-ce qu'il a écouté les consignes? Ben oui, voyons. Et il a mis deux fois plus de temps que ses cousines à remplir son panier et vous pouvez être certains qu'il n'y avait pas une seule fraise qui ne répondait pas aux critères.
Dernièrement, on dirait que certaines caractéristiques de son TED ressortent de plus en plus. Il est rigide, vraiment très strict et il ne faut pas déroger aux règles. Si on le fait, son humeur change rapidement et parfois, il frôle presque l'anxiété. C'était évident aussi dans son bulletin. Trois enseignants spécialistes ont fait des commentaires semblables.
Et il est tellement exigent envers lui-même; il voudrait être parfait. Il n'était pas satisfait de sa note de 92% en mathématiques. Avec son TED et s'il tient de moi, cet enfant-là va être bien trop stressé.
Je voudrais qu'il consulte un thérapeute, un psychologue, pour pouvoir parler et trouver des stratégies. Son père ne veut pas par contre et j'ai besoin de son accord... :(
Bonne semaine!
Petite anecdote :
Mon grand garçon est allé aux fraises aujourd'hui. La première fois de sa vie. Le monsieur a pris le temps de bien expliquer aux trois enfants qu'il ne fallait prendre que les fraises rouges. Il fallait bien les regarder et si elles étaient blanches ou vertes, il ne fallait pas les toucher.
Est-ce qu'il a écouté les consignes? Ben oui, voyons. Et il a mis deux fois plus de temps que ses cousines à remplir son panier et vous pouvez être certains qu'il n'y avait pas une seule fraise qui ne répondait pas aux critères.
Dernièrement, on dirait que certaines caractéristiques de son TED ressortent de plus en plus. Il est rigide, vraiment très strict et il ne faut pas déroger aux règles. Si on le fait, son humeur change rapidement et parfois, il frôle presque l'anxiété. C'était évident aussi dans son bulletin. Trois enseignants spécialistes ont fait des commentaires semblables.
Et il est tellement exigent envers lui-même; il voudrait être parfait. Il n'était pas satisfait de sa note de 92% en mathématiques. Avec son TED et s'il tient de moi, cet enfant-là va être bien trop stressé.
Je voudrais qu'il consulte un thérapeute, un psychologue, pour pouvoir parler et trouver des stratégies. Son père ne veut pas par contre et j'ai besoin de son accord... :(
Bonne semaine!
lundi 20 juin 2011
L'humain
Je suis née sans talent particulier. J'aimerais pouvoir chanter, mais malheureusement, ni la voix, ni l'oreille n'y sont. Je peux gratouiller une guitare, si je m'y mettais, je pourrais certainement jouer La complainte du phoque en Alaska autour d'un feu de camp. Je suis meilleure avec un rouleau qu'avec un pinceau et je n'ai pas non plus d'intérêt pour le dessin.
La création de bijoux ou l'artisanat ne sont pas vraiment pour moi. Je n'ai pas le sens du visuellement beau, mais j'ai la patience et la précision. Je peux frapper une balle de baseball, mais pas très loin et ma technique pour attraper consiste à ouvrir mon gant et à espérer un coup de chance. Je peux mettre des patins et avancer sans tomber, même m'amuser sur la surface glissante, mais ça s'arrête pas mal là.
Alors je ne me considère pas une artiste, ni une sportive. Le "talent" tel qu'on l'entend généralment, n'est pas passé près de chez moi le soir où je suis née. Mais je n'ai pas de problème avec ça, j'ai d'autres qualités.
Tous les étés, j'attends le commencement de l'émission "So You Think You Can Dance". Il y a des chorégraphies qui je vous le jure m'arrachent quelques larmes. Je regarde le corps humain et ce que ces jeunes danseurs arrivent à faire tout en faisant passer de l'émotion et ça me renverse. J'ai tellement d'admiration pour eux - comme pour tous ceux qui se dévouent corps et âme pour leur passion. Ces jeunes personnes se lancent dans la danse comme si rien d'autre n'existait. Ils s'entrainent des heures et des heures, font subir à leur corps blessures et meutrissures, bien souvent en sachant que leurs chances de vivre de leur art sont très minces.
Je ne pourrais faire ça. Je ne suis pas une mauvaise danseuse et j'aimerais beaucoup prendre des cours, apprendre la salsa par exemple ou même le Hip Hop. Mais je n'aurais pas la discipline pour me mettre à m'entrainer tous les jours. J'imagine que je n'ai pas la passion.
Non, le talent ne s'est pas arrêté chez mes parents lorsque je suis née. Mais il m'a donné des yeux, des oreilles et des tripes pour apprécier.
La création de bijoux ou l'artisanat ne sont pas vraiment pour moi. Je n'ai pas le sens du visuellement beau, mais j'ai la patience et la précision. Je peux frapper une balle de baseball, mais pas très loin et ma technique pour attraper consiste à ouvrir mon gant et à espérer un coup de chance. Je peux mettre des patins et avancer sans tomber, même m'amuser sur la surface glissante, mais ça s'arrête pas mal là.
Alors je ne me considère pas une artiste, ni une sportive. Le "talent" tel qu'on l'entend généralment, n'est pas passé près de chez moi le soir où je suis née. Mais je n'ai pas de problème avec ça, j'ai d'autres qualités.
Tous les étés, j'attends le commencement de l'émission "So You Think You Can Dance". Il y a des chorégraphies qui je vous le jure m'arrachent quelques larmes. Je regarde le corps humain et ce que ces jeunes danseurs arrivent à faire tout en faisant passer de l'émotion et ça me renverse. J'ai tellement d'admiration pour eux - comme pour tous ceux qui se dévouent corps et âme pour leur passion. Ces jeunes personnes se lancent dans la danse comme si rien d'autre n'existait. Ils s'entrainent des heures et des heures, font subir à leur corps blessures et meutrissures, bien souvent en sachant que leurs chances de vivre de leur art sont très minces.
Je ne pourrais faire ça. Je ne suis pas une mauvaise danseuse et j'aimerais beaucoup prendre des cours, apprendre la salsa par exemple ou même le Hip Hop. Mais je n'aurais pas la discipline pour me mettre à m'entrainer tous les jours. J'imagine que je n'ai pas la passion.
Non, le talent ne s'est pas arrêté chez mes parents lorsque je suis née. Mais il m'a donné des yeux, des oreilles et des tripes pour apprécier.
dimanche 19 juin 2011
Il y a des soirs comme ça
Je ne sais pas trop ce qui s'est passé ce soir. Je croyais pourtant être de bonne humeur, mais mon père m'a dit que j'avais l'air fatiguée. C'est vrai que ma patience est à bout, j'égraine les derniers petits bouts. C'est vrai que je suis fatiguée. Je travaille beaucoup, mais ce n'est pas ça. Je suis tout simplement fatiguée.
De ne plus pouvoir manger ce dont j'ai envie sans entendre chialer.
De ne plus pouvoir m'asseoir devant la télé dans le salon sans me faire demander de changer de poste.
De ne plus pouvoir faire le ménage sans avoir l'impression que tout se salit au fur et à mesure.
J'ai besoin d'un break.
Et mon père ce soir qui me tombe dessus n'était pas ce dont j'avais besoin. Me faire dire que j'ai l'air fatigué et que je stresse trop, j'ai pas besoin. Je le sais. Si c'était aussi simple de ne plus stresser, j'aurais arrêté.
J'ai passé une partie de la nuit pliée en deux par des crampes. Je me suis réveillée avec une migraine. Alors le souper ce soir, je n'étais pas en forme. Me faire dire que je n'avais pas l'air en forme... En tout cas.
Et ma soeur et sa famille qui arrivent... Comme une tornade et il n'y a plus qu'eux. Eux qui parlent des vacances qu'ils prendront avec mes parents... la semaine où ils m'avaient dit que je pourrais prendre leur roulotte au camping. Il semblerait bien qu'ils ont oublié qu'ils m'avaient dit que je pourrais la prendre... "Ce n'est pas grave, tu pourras la prendre la fin de semaine avant". C'est parce que ce n'est pas la fin de semaine que je ne voulais pas être à la maison, c'est la semaine. C'est la semaine parce que si je suis à la maison, je risque de passer la semaine à travailler à la place.
Mais bon. J'ai accroché mon sourire et je n'ai pas dit un mot. J'ai laissé ma soeur et son chum prendre toute la place. J'ai laissé mon beau-frère m'insulter en disant que les personnes qui avaient une job de 8 à 4 étaient des personnes misérables. Je lui ai demandé de ne pas parler de politique quand il s'est mis à insulter tous ceux qui n'avaient pas voté conservateur...
Des fois mon beau-frère... Il déteste tout ce que je représente et je ne sais pas pourquoi. Comme si le fait que j'aie une job régulière, de fonctionnaire en plus, que je sois allée à l'université et que je travaille dans un bureau, ça faisait de moi une personne avec moins de valeur. Ça me fait chier. Je n'ai pas fait les mêmes choix que lui. Je n'ai pas trois jobs différentes, je ne travaille pas 70 heures par semaine. J'ai le droit me semble? Et me semble que ça ne fait pas de moi une mauvaise personne.
J'aurais tellement envie de lui parler de ça. Mais ma soeur va sauter une coche si je le fais et ça va faire toute une histoire. Alors je ferme ma gueule. Mon problème, c'est que même si je ne dis pas un mot, je n'arrive pas à cacher mes émotions très bien...
De ne plus pouvoir manger ce dont j'ai envie sans entendre chialer.
De ne plus pouvoir m'asseoir devant la télé dans le salon sans me faire demander de changer de poste.
De ne plus pouvoir faire le ménage sans avoir l'impression que tout se salit au fur et à mesure.
J'ai besoin d'un break.
Et mon père ce soir qui me tombe dessus n'était pas ce dont j'avais besoin. Me faire dire que j'ai l'air fatigué et que je stresse trop, j'ai pas besoin. Je le sais. Si c'était aussi simple de ne plus stresser, j'aurais arrêté.
J'ai passé une partie de la nuit pliée en deux par des crampes. Je me suis réveillée avec une migraine. Alors le souper ce soir, je n'étais pas en forme. Me faire dire que je n'avais pas l'air en forme... En tout cas.
Et ma soeur et sa famille qui arrivent... Comme une tornade et il n'y a plus qu'eux. Eux qui parlent des vacances qu'ils prendront avec mes parents... la semaine où ils m'avaient dit que je pourrais prendre leur roulotte au camping. Il semblerait bien qu'ils ont oublié qu'ils m'avaient dit que je pourrais la prendre... "Ce n'est pas grave, tu pourras la prendre la fin de semaine avant". C'est parce que ce n'est pas la fin de semaine que je ne voulais pas être à la maison, c'est la semaine. C'est la semaine parce que si je suis à la maison, je risque de passer la semaine à travailler à la place.
Mais bon. J'ai accroché mon sourire et je n'ai pas dit un mot. J'ai laissé ma soeur et son chum prendre toute la place. J'ai laissé mon beau-frère m'insulter en disant que les personnes qui avaient une job de 8 à 4 étaient des personnes misérables. Je lui ai demandé de ne pas parler de politique quand il s'est mis à insulter tous ceux qui n'avaient pas voté conservateur...
Des fois mon beau-frère... Il déteste tout ce que je représente et je ne sais pas pourquoi. Comme si le fait que j'aie une job régulière, de fonctionnaire en plus, que je sois allée à l'université et que je travaille dans un bureau, ça faisait de moi une personne avec moins de valeur. Ça me fait chier. Je n'ai pas fait les mêmes choix que lui. Je n'ai pas trois jobs différentes, je ne travaille pas 70 heures par semaine. J'ai le droit me semble? Et me semble que ça ne fait pas de moi une mauvaise personne.
J'aurais tellement envie de lui parler de ça. Mais ma soeur va sauter une coche si je le fais et ça va faire toute une histoire. Alors je ferme ma gueule. Mon problème, c'est que même si je ne dis pas un mot, je n'arrive pas à cacher mes émotions très bien...
jeudi 16 juin 2011
Belzébuth
Le trajet pour aller travailler est tellement mieux que le même trajet à la fin de la journée. Je ne comprends d'ailleurs pas trop pourquoi...
Donc, assise dans la voiture, lunettes de soleil sur le nez, iPod branché dans l'auto, j'écoutais la musique. J'avais choisi "morceaux" sur le iPod, puis "aléatoire". J'aime faire ça, j'écoute de la musique variée et j'entends des chansons que je n'ai pas entendues depuis longtemps.
J'étais donc sur le boulevard des Allumettières et j'ai entendu la voix de Dédé Fortin. "J'habite dans un appart tranquille". Et cette chanson me ramène.
J'ai vu les Colocs en spectacle pour la première fois à l'été 1992. J'avais dix-sept ans, je sortais avec Etienne. Sans le savoir, j'allais entendre pour la première fois la chanson de la fameuse "p'tite Julie" et le "passe moé l'puck". Il faisait beau. Si je me souviens bien, les Colocs faisaient la première partie de Jean Leloup.
Deux ans plus tard, je les ai revus. Le 31 octobre 1994. Je m'en souviens comme si c'était hier. Le show commençait à 11 heures. On avançait l'heure ce soir-là. J'ai dû partir après cinq heures de spectacle. Une toute petite intermission où on n'a vu un film fait par Dédé Fortin. C'était au Club Soda à Montréal. C'était mon chum de l'époque, Sylvain qui m'avait offert les billets. Quel show! Patrick Esposito n'avait pas pu se lever de sa chaise tellement il était affaibli par la maladie. Il allait d'ailleurs mourir quelques jours plus tard. Une toute petite scène, une dizaine de musiciens et même, une batterie faite entièrement de casseroles.
Je me souviens aussi de l'annonce de la mort de Dédé Fortin. J'étais en voiture. Le choc. Un suicide, et de cette façon en plus. Puis ce soir-là, j'ai tenté d'expliquer à mon chum, celui qui allait devenir mon mari, ce que représentait Dédé pour ma génération. C'est un anglophone et il ne s'est jamais intéressé à la musique francophone. Difficile d'expliquer car Les Colocs représentaient un groupe presque culte pour moi. Mais si jeune... et à une si petite échelle.
Le film "Dédé, à travers les brumes" débute avec Belzébuth. Tout le film semble même s'articuler autour de cette chanson qui exprime je crois ce que Dédé devait ressentir dans les derniers miles. Le mal de vivre, l'envie de liberté, la peur de l'ennuie, des quatre murs qui nous retiennent prisonnier. Et la lame d'argent qui tue. J'avais invité Monsieur M. à voir le film avec moi. Lui aussi avait connu les Colocs, lui aussi les avait aimés.
C'est un film superbe. Tout en musique, tout en contraste. Sébastien Ricard y tient le rôle de Dédé à la perfection. Un film troublant, mais un beau film qui m'a fait aimer encore plus leur musique. Je me le suis acheté et je l'ai revu souvent.
Ma chanson préférée des Colocs? Dédé. suivie de près par Belzébuth. Ma chanson sexy par excellence? Juste une p'tite nuitte. Ma chanson de bonne humeur? Julie. La chanson la plus triste? Dehors novembre.
La musique est souvent associée à des souvenirs. On entend une chanson, on se rappelle un beau moment, ou un moins beau. Quand je pense aux Colocs, je pense par ricochet aux quatre hommes que j'ai aimés.
Donc, assise dans la voiture, lunettes de soleil sur le nez, iPod branché dans l'auto, j'écoutais la musique. J'avais choisi "morceaux" sur le iPod, puis "aléatoire". J'aime faire ça, j'écoute de la musique variée et j'entends des chansons que je n'ai pas entendues depuis longtemps.
J'étais donc sur le boulevard des Allumettières et j'ai entendu la voix de Dédé Fortin. "J'habite dans un appart tranquille". Et cette chanson me ramène.
J'ai vu les Colocs en spectacle pour la première fois à l'été 1992. J'avais dix-sept ans, je sortais avec Etienne. Sans le savoir, j'allais entendre pour la première fois la chanson de la fameuse "p'tite Julie" et le "passe moé l'puck". Il faisait beau. Si je me souviens bien, les Colocs faisaient la première partie de Jean Leloup.
Deux ans plus tard, je les ai revus. Le 31 octobre 1994. Je m'en souviens comme si c'était hier. Le show commençait à 11 heures. On avançait l'heure ce soir-là. J'ai dû partir après cinq heures de spectacle. Une toute petite intermission où on n'a vu un film fait par Dédé Fortin. C'était au Club Soda à Montréal. C'était mon chum de l'époque, Sylvain qui m'avait offert les billets. Quel show! Patrick Esposito n'avait pas pu se lever de sa chaise tellement il était affaibli par la maladie. Il allait d'ailleurs mourir quelques jours plus tard. Une toute petite scène, une dizaine de musiciens et même, une batterie faite entièrement de casseroles.
Je me souviens aussi de l'annonce de la mort de Dédé Fortin. J'étais en voiture. Le choc. Un suicide, et de cette façon en plus. Puis ce soir-là, j'ai tenté d'expliquer à mon chum, celui qui allait devenir mon mari, ce que représentait Dédé pour ma génération. C'est un anglophone et il ne s'est jamais intéressé à la musique francophone. Difficile d'expliquer car Les Colocs représentaient un groupe presque culte pour moi. Mais si jeune... et à une si petite échelle.
Le film "Dédé, à travers les brumes" débute avec Belzébuth. Tout le film semble même s'articuler autour de cette chanson qui exprime je crois ce que Dédé devait ressentir dans les derniers miles. Le mal de vivre, l'envie de liberté, la peur de l'ennuie, des quatre murs qui nous retiennent prisonnier. Et la lame d'argent qui tue. J'avais invité Monsieur M. à voir le film avec moi. Lui aussi avait connu les Colocs, lui aussi les avait aimés.
C'est un film superbe. Tout en musique, tout en contraste. Sébastien Ricard y tient le rôle de Dédé à la perfection. Un film troublant, mais un beau film qui m'a fait aimer encore plus leur musique. Je me le suis acheté et je l'ai revu souvent.
Ma chanson préférée des Colocs? Dédé. suivie de près par Belzébuth. Ma chanson sexy par excellence? Juste une p'tite nuitte. Ma chanson de bonne humeur? Julie. La chanson la plus triste? Dehors novembre.
La musique est souvent associée à des souvenirs. On entend une chanson, on se rappelle un beau moment, ou un moins beau. Quand je pense aux Colocs, je pense par ricochet aux quatre hommes que j'ai aimés.
Inscription à :
Articles (Atom)