mercredi 9 mai 2012

Piégée

Je me lève tous les matins et c'est tous les jours pareil.  J'ai mal au cou, j'ai mal au dos.  Je me réveille un peu avant 5 heures en me demandant si c'est la fin de semaine.  Je me tourne sur le côté et je profite du confort de mon oreiller le temps que je peux.  Quand je me lève à 6 heures, je calcule dans combien de temps je pourrai revenir à la maison.

Alors que j'allais travailler tous les matins de bonne humeur, je me surprends à avoir de moins en moins envie d'y aller.  Cette semaine, j'ai même compté les jours de travail qu'il me restait avant de commencer mes vacances.  Et je ne serai pas en vacances avant le mois de juillet... 

Je me sens coincée au bureau.  Je n'ai plus envie d'y aller, je me sens inutile là-bas.  Je ne peux plus prendre de décision, je me sens isolée dans mon coin, loin de tous mes clients.  On a mis tellement de niveaux et d'intermédiaires entre les gestionnaires comme moi et la "haute gestion" que j'ai l'impression de ne servir à rien. 

Cette semaine par exemple, une fille des finances m'a demandé l'accès à mes dossiers de finances pour qu'elle puisse faire le suivi à ma place.  Elle préférerait que je n'y touche plus du tout.  Et ce n'est pas une question de compétences, ça n'a rien à voir, c'est pareil partout.  J'ai dû expliquer à la fille que j'allais continuer de faire mon travail. 

Je ne passe pas mes journées à ne rien faire, mais j'ai bien l'impression que je ne fais pas le travail d'une gestionnaire.  Il n'y a plus de défi, plus d'apprentissage.  En plus, je suis en charge d'un programme qui ne peut marcher.  Il y a des mois, j'ai exposé toute une série de problèmes potentiels et on a tout repoussé du revers de la main.  Maintenant, la plupart des points que j'avais soulevés se concrétisent et pourtant, rien ne se fait en haut pour régler quoi que ce soit.  Et comme je ne peux plus prendre de décision, je dois rester là à regarder ce que j'ai mis 8 ans à construire se défaire lentement. 

Je ne suis pas optimiste.  J'ai peu d'espoir que les choses se replacent.  Six mois, un an, peut-être un peu plus...  J'ai bien peur que je n'aurai plus d'emploi bientôt.  Je voudrais quitter le navire, comme un rat...  mais je ne trouve pas le moindre canot de sauvetage, pas la moindre île à l'horizon.  Je me sens prise au piège, coincée.  Je ne sais pas comment changer les choses; j'ai l'impression d'avoir tout essayé cet automne et j'ai gravement payé.  Ma santé physique et mentale en ont beaucoup souffert. 

Je n'en peux plus de ce travail qui ne m'apporte rien d'autre que de l'ennui et du stress.  Cette semaine, j'ai même envisagé un retour aux études.  Sauf que la perspective de ne plus travailler, et surtout, de ne plus avoir un bon revenu stable ne me réjouit guère.  Je commence à peine à pouvoir me permettre de payer des services au privé pour mon fils...  J'aurais envie de psychologie ou de travail social...  j'aurais envie de journalisme ou de communication...  Je pourrais toujours trouver un travail d'enseignante de français au secondaire...  Ou encore gagner à la loterie!  :)

Je sais que j'ai un travail...  Je sais que c'est déjà beaucoup plus que bien d'autres personnes...  Que je n'ai pas vraiment le droit de me plaindre...  Mais j'ai envie de me sentir utile à nouveau...

2 commentaires:

Vanessa a dit…

Ce qui est important c'est ton bonheur! À toi et seulement toi!!! Pour un instant, ne pense plus à personne d'autre qu'à toi! Maintenant, il y a plein de ressources partout! Je suis certaine qu'avec l'expérience et les connaissance que tu as, tu réussiras à trouver quelque chose où tu te sentiras apprécié et "utilisée" à ta juste valeur!

Mamanbooh a dit…

Au contraire, tu as tous les droits! Surtout ici, chez toi...

Je te souhaite que tu positif! Peu importe la suite.