samedi 15 octobre 2011

Quand la sauterelle devient sangsue

La semaine a été difficile pour mon fils. Difficile vraiment de comprendre ce qui s'est passé. Avant l'Action de Grâce, il allait bien. Il dormait peu, et les cernes s'assombrissaient, mais il était de bonne humeur.

Tout a commencé par une nuit difficile. Nuit pendant laquelle il s'est levé, somnanbule et faisant trembler de peur sa maman couchée en haut et qui croyait qu'il y avait un voleur dans le salon. La visite chez le médecin l'a perturbé aussi. On parle de lui, de ses difficultés, de ses défis. Et il entend. Il ne comprend pas tout, mais il est assez intelligent pour savoir qu'il y a des inquiétudes. Qui l'inquiètent lui aussi.

Son sommeil en a mangé toute une. Le pédopsychiatre m'a grandement conseillé de lui donner quelque chose, au moins pendant une semaine ou deux, pour réduire son anxiété, pour l'aider à dormir.

Même s'il est peu allé à l'école cette semaine, il a fait plusieurs crises. Il a été sorti de classe une bonne dizaine de fois. Incapable de fonctionner. Anxiété, panique. Au moment de son contrôle vendredi matin, il a littéralement paniqué. Quand il a reçu son bulletin, il s'est effondré. Excellent bulletin pourtant, mais sa note de mathématiques n'était suffisamment élevée à son goût.

À la maison, ce n'est guère mieux. Il pleure beaucoup. Il me suit partout dans la maison. Pas moyen d'aller à la toilette sans qu'il me suive. Il a besoin de me tenir le bras ou d'être collé à moi tout le temps. À moins qu'il soit dans une phase excitée... alors là, il tourne autour de la table de cuisine et faisant des bruits avec sa bouche ou il saute sur place.

Ce matin, à sept heures, il était dans ma chambre me suppliant de jouer à Sorry avec lui. Ce soir en faisant le souper, pas moyen de me retourner pour mettre quelque chose dans l'évier ou prendre quelque chose dans le frigo sans que je lui marche sur un pied ou que je le bouscule. Et là... oh malheur, la crise. Et si je lui demande d'aller jouer dans sa chambre, oh malheur, la crise.

C'est difficile. Pour lui. Pour moi. Il a la larme facile. Il accapare toute mon attention, tout mon temps. Je l'adore mon fils. Mais je n'ai pas nécessairement envie de l'avoir accroché après mon bras tout le temps. J'aime mieux avoir une sauterelle qu'une sangsue. Je ne le dirai pas trop fort...

Pas été facile d'écrire ce billet avec ma sangsue qui veut que je le lui laisse lire. J'ai réussi à le convaincre de lire son tout nouveau Astérix, mais il vient me montrer chaque image.

3 commentaires:

Lionne a dit…

Ton fils et tes soucis au travail vont finir par avoir ta peau... J'aimerais tellement avoir une solution miracle à t'offrir !

Je ne sais qoe penser... Même s'il ressemble à Guillaume sur beaucoup de points, les différences me laissent perplexe...

Caro l'ergo a dit…

Est-ce un épisode isolée ou est-ce déjà arrivé auparavant?

Ce n'est pas facile de se faire envahir constamment et de sentir que son fils souffre.

Est-il en mesure de verbaliser ses peurs ? Y-a-t-il des activités, des objets ou des situations qui le rassurent, le calment, l'appaisent ?


Prends soins de toi. Tu en as besoin pour prendre soin de ton fils. Ne t'oublie pas!

Stéphanie a dit…

Ce n'est pas la première fois qu'il a une passe semblable. La quatrième depuis un an et ça risque de devenir plus fréquent. Il ne parle pas beaucoup, il n'aime pas, il n'a pas les mots. Comme son anxiété est irrationnelle, il a tendance à "blâmer" tout ça sur des petites choses bien concrêtes.

Moi, je le calme et le rassure, c'est pour ça qu'il colle autant. À part ça, une routine claire, de la structure, un horaire... Je l'aime tellement mon p'tit garçon, j'aimerais ça que ce soit plus facile pour lui.