jeudi 3 novembre 2011

12 semaines

Je suis vraiment fatiguée. Pas vraiment, mais je suis fatiguée quand même.

La période de la rentrée scolaire est terminée. La phase d'adaptation est finie. Il y a eu rendez-vous avec le pédopsychiatre, le pédiatre. La rencontre pour la revue du plan d'intervention devrait avoir lieu d'ici une dizaine de jours. Même chose pour le premier "vrai" bulletin scolaire.

Tout va relativement bien. Ma sauterelle semble s'être remise de sa phase de sangsue. L'anxiété est disparue. Même le boulot va mieux.

Alors pourquoi j'en ai assez? Pendant des semaines, depuis le début de l'été au fond, j'ai eu l'impression de marcher sur une poutre au dessus d'un grand trou. J'ai usé de tous mes muscles pour ne pas perdre l'équilibre. À quelques reprises, j'ai cru que j'allais tomber, mais j'ai trouvé le moyen de garder mes deux pieds bien accrochés.

Je suis arrivée de l'autre bord. Ça va mieux. Alors pourquoi j'ai envie de tout sacrer là?

J'ai envie d'une fin de semaine à moi. De toute une semaine même. Mais pas d'une fin de semaine toute seule, j'ai envie de sortir de ma maison, de poser les pieds ailleurs. De m'asseoir dans un resto pour manger et de pouvoir avoir une vraie discussion. J'ai envie d'une fin de semaine où je ne penserai pas à ma sauterelle. Deux petits jours.

Ça fait douze semaines que mon fils n'a pas vu son père. Au train où vont les choses, je ne sais pas s'il le verra avant les fêtes. Ça va quand même. Pour la première fois, mon fils ne semble pas s'ennuyer de son père. Aller à Sherbrooke n'est pas quelque chose qui lui tente vraiment.

C'est correct. Il n'a pas besoin d'aller chez son père. Mais là, on dirait que chaque semaine, je me demande si son père va vouloir venir le chercher. C'est comme si j'étais en attente. "Votre appel est important pour nous. S'il vous plait gardez la ligne pour conserver votre priorité d'appel". C'est comme ça que je me sens. Totalement à la merci de son papa qui pourrait décider de venir le chercher cette fin de semaine-ci, ou la suivante. Ou même pas du tout. Au moins si j'avais une date, je pourrais planifier un weekend.

Ça va me passer... ce n'est pas grave. J'ai juste envie d'être moi, la femme de 37 ans pour deux jours sans être moi, la gestionnaire, ni moi, la maman.

3 commentaires:

Maman Tupperware a dit…

Je comprends TELLEMENT! 2 jours... 2 petits jours...
Ne lâches pas. Je n'i pas de solution à te proposer, mais je t'envoies des ondes positives!
Michelle

Anonyme a dit…

C'est tellement humain ce que tu souhaites. Le contraire serait inquiétant.

Moi, aussi, je t'envoie des ondes positives.

Marie-Jo

Perdu Retrouvé a dit…

Effectivement, ça ne semble pas être une situation facile. Je serais bien opportuniste de vous dire de garder le sourire et de vous accrocher, mais je ne connais pas votre histoire. Toutefois, je suis un éternel optimiste et je crois que chaque effort vaut la peine d'être dispensé et un jour, on vous rendra la pareil cent fois!