dimanche 7 août 2011

Trop loin

Je suis une fille de l'été, née l'été. Je supporte assez bien la chaleur et le soleil... je l'adore. J'aime les orages d'été, le ciel qui s'assombrit rapidement et qui déverse des litres d'eau dans un fracas de tonnerre et d'éclairs. J'aime le jour qui se pointe le nez avant que j'ouvre les yeux et la clarté du ciel jusqu'à tard dans la soirée.

J'aime les orteils peints qui se montrent dans de jolies sandales. J'aime montrer les nombreuses taches de rousseur qui maquillent mes épaules. J'aime les fenêtres ouvertes dans ma maison et la température qui descend tout juste assez pour rendre le nuit douce.

Et j'aime les vacances.

Une semaine, deux semaines sans travailler. Jouer au mini-golf, se promener dans les parcs, aller à la plage ou aux glissades d'eau.

Mais depuis trois ans, j'aime les autres vacances que l'été m'apporte. Je me sens presque coupable de l'avouer, mais j'attends ces quelques semaines avec impatience chaque année. J'attends mes quatre semaines de congé où mon fils est chez son père.

J'adore me sentir indépendante quelque temps. Oui, même travailler plus tard j'aime. Je peux manger ce que je veux, quand je veux. Je peux sortir, me permettre d'être spontanée. Ces quelques jours par année, je me retrouve.

Oui, la maison est vide. Oui, mon fils me manque. Mais je ne m'inquiète pas.

Enfin, pas avant ce soir.

Ma sauterelle a fait une crise d'anxiété aujourd'hui. Il parait qu'il est difficile depuis un jour ou deux. Et ce soir au téléphone, il pleurait. Il voulait revenir à la maison. Il me parlait d'une chanson "celle avec les gens qui dansent dans la rue sur YouTube" qu'il ne pouvait pas regarder. Et c'est pour ça qu'il voulait revenir à la maison. Ses paroles n'avaient pas de sens. Je ne savais même pas de quoi il parlait. Mais il pleurait sans arrêter.

Quand il est comme ça, il n'y a rien à faire qui puisse le raisonner. Il faut le bercer, le rassurer, l'aider à dormir. Le réflexe de son père était de se fâcher et de le punir.

Je suis une mère stricte. Très. Quand mon fils fait quelque chose de mal, il se fait punir. Point. Mais une crise d'anxiété, c'est plus fort que lui. C'est de l'insécurité. La punition ne fait qu'agraver le sentiment...

Il est chez son père depuis 2 semaines. Il revient samedi. Ce soir, j'aurais tant voulu aller le voir et le prendre dans mes bras pour qu'il se sente mieux. Dormir dans un lit qui n'est pas le sien, vivre dans une maison habitée par cinq personnes alors qu'il a l'habitude de deux, perdre sa routine et ses repères, il y a de quoi le rendre insécure.

Avant ce soir, je savourais chaque minute de ma liberté. Après ce soir, je vais compter chaque minute avant son retour.

6 commentaires:

Cora Chelté a dit…

Pauvre ti-loup :(

Marie-Michèle a dit…

:( Pas drôle du tout ça...
Je crois que je peux te comprendre... j'ai l'impression que les prochains jours sembleront dix fois plus longs... :( Peut-être que ça aiderait d'avoir un genre de plan d'intervention que ton fils peut suivre facilement, pour son âge, pour quand il est chez son père ? justement si vous avez des moyens très différents d'intervenir ? je dis ça comme ça, c'est une idée, peut-être le fais-tu déjà... Bref, bonne chance...

Une femme libre a dit…

Il est chanceux d'avoir un père. Un père qui s'en occupe. À sa manière, en faisant ce qu'il pense le mieux pour son fils. En faisant des erreurs parfois, tous les parents en font. Des bons coups aussi. Faites confiance à votre fils. Il va s'en tirer. D'ailleurs, une fois l'appel catastrophique terminé, qui vous dit que la situation ne s'est pas améliorée?

Stéphanie a dit…

@ Marie-Michèle, c'est une excellente idée même si je doute que son père soit peu ouvert.
@ une femme libre : son père ne s'occupe pas de lui sauf ces quelques semaines pendant l'été. Le reste du temps il est absent. La crise n'est pas passé. Le problème réside dans le fait que le papa croit que son fils est mal élevé alors que c'est le contraire et que ce qui se passe est lié aux troubles anxieux et au TED de son fils.

Une femme libre a dit…

Oups! Je m'excuse alors, j'ai parlé à travers mon chapeau.

Jane a dit…

C'est triste. Dommage que le père ne soit pas compréhensif :(