vendredi 24 février 2012

Garder espoir même quand ça semble sans espoir

Je regarde les titres des journaux.  Je lis les articles que mes amis mettent sur facebook.  J'entends les conversations d'ascenseurs, les discussions de cafétéria.  Il y a des étudiants qui font du bruit dans les rues.

On parle de projets de loi...  projets qui deviendront des lois.  On construit des prisons, on détruit des données sur les armes à feu, on veut écouter nos conversations.  L'information est contrôlée, un beau groupe de petits soldats.  Les adjoints exécutifs des ministres détruisent de l'information, un ministre déménage un centre d'emploi d'une ville à une autre, par hasard située dans son comté, dans un bâtiment appartenant aussi par hasard à son ancien associé.  Des millions sont dépensés pour fêter l'anniversaire du vieille dame, on donne à une célébration d'hiver, un caractère militaire.  Des comités parlementaires se rencontrent maintenant à huis clos.

Et de l'autre côté de la rivière, des politiciens corrompus, des partis qui se préoccupent plus de leurs chicanes et d'autres qui n'arrivent pas à se brancher. 

Il y a tellement de raisons de chialer.  Tellement de raisons de ne plus avoir d'espoir.  Ne plus avoir d'espoir...  Je me suis rendue compte que je ne suis pas capable de vivre sans espoir.  J'ai besoin de croire que les choses iront mieux, qu'il y a une issue, une porte de sortie, une solution.  Quand je m'approche de l'absence d'espoir, je sens mon coeur qui se serre, les murs qui se referment.  Je me sens prise au piège, écrasée, menottée.

Il doit y avoir une solution...  Mais j'ai l'impression que tout le monde dort au gaz.  Un peu comme dans la Belle au bois dormant.  Comme si le pays entier était hypnotisé par un chef.
J'ai l'impression que ce chef est comme un parent abusif.  Il manipule pour avoir ce qu'il veut, il contrôle, planifie, nous tient dans l'ignorance pour mieux nous "diriger".  Et nous, les Québécois, nous sommes les jeunes ados réagissant avec coeur, oui, mais sans organisation, sans réflexion.  Il serait peut-être un peu temps de nous rassembler et d'agir ensemble, pour le bien de tous au lieu de nous asseoir sur nos fesses en chialant et en nous regardant le nombril.  Il serait temps il me semble que nous devenions adultes, que nous comprenions qu'il serait bien de nous mettre à prioriser, de laisser tomber certaines batailles, ou au minimum de les laisser de côté un certain temps. 

J'imagine que je vois la situation un peu comme une zone sinistrée.  J'aimerais mieux qu'on commence par sauver les malades et par nettoyer avant de planter des fleurs dans les platebandes. 
Je ne me reconnais plus dans ce pays.  Et je ne suis pas la seule.  Pourtant, je l'aime mon pays.  Avec ses défauts, avec son potentiel et avec ses possibilités.  Je ne me reconnais plus alors je me tourne vers mon deuxième pays.  Celui où est mon coeur.  Et je ne m'y reconnais pas non plus.  Une chance qu'il y a la langue, parce que le reste...  La corruption, les chicanes sans fin, la manipulation d'opinion publique...  Ce n'est pas moi ça. 

Alors qu'est-ce que je peux faire?  Je n'ai pas envie de devenir une chialeuse sans espoir.  Alors je cherche une solution.  La première à laquelle je pense est la connaissance.  À l'ère des média sociaux, rejoindre les gens devrait être plus facile il me semble.  Je m'engage donc à partager des articles sur facebook, à lire ceux que d'autres partageront.  À commenter, à en parler.  Ce n'est pas beaucoup, mais c'est un début. 

Sans espoir, je me sens prise au piège, écrasée, menottée.

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