vendredi 17 février 2012

Souvenirs d'été

Ma soeur vous dirait la même chose j'en suis certaine.  Elle se souviendrait aussi bien que moi de ces chaudes journées d'été, alors qu'on passait tout notre temps dehors.  On se baignait, on jouait aux cartes, on faisait du vélo en maillot de bain.  On mangeait toujours dehors, matin, midi et soir.  Je me souviens de ma mère sur sa chaise longue avec sa bouteille d'huile jamais bien loin.  Je me rappelle mon père dans son short Adidas bleu.

On s'était inventé un jeu.  Dans la piscine, on plaçait une gougoune sur le bord, à quatre ou cinq mètres du coin, dans le sens de la longueur.  Dans l'eau, une personne se plaçait sur le bord, une raquette de racketball à la main.  Une autre était lanceur.  Cette personne lançait la balle et il fallait la frapper avec la raquette, puis nager jusqu'à la gougoune, la toucher, et revenir à notre point de départ.  Tout ça avant que le lanceur et les deux autres dans le "champ" (lire dans l'eau) ne ramènent la balle.  Une sorte de baseball-piscine.  On en a passé des après-midis à jouer au baseball-piscine.

Comme bruit de fond, il y avait parfois de la musique.  Mais généralement, on avait droit à une partie de base-ball, de vrai base-ball, à la radio ou à la télé.  La voix de Rodger Brulotte me ramène toujours à mon enfance, rien à faire, c'est comme ça.

Mon père avait une vieille télé noir et blanc.  L'été, il l'apportait dehors et mettait le base-ball.  On n'avait pas le câble alors l'image n'était pas toujours belle, il fallait jouer avec les antennes.  Aussi, mon père mettait quelque chose sur la télé pour atténuer les effets du soleil.  Il aimait tellement le base-ball.  Lorsque nous habitions à Cowansville, il avait même des billets de saison pour les Expos.  Il m'a amenée à quelques reprises, même si j'étais plus une fan de hockey.

Mon père est aussi allé en Floride une fois, pendant la saison des pamplemousses (le camp d'entraînement au base-ball).  Alors qu'il portait son t-shirt qui arborait fièrement un "je suis Québécois!", il avait réussi à pénétrer sur le site du camp des Expos en se faisant passer pour un journaliste.  Il s'est fait accrocher par un vrai journaliste de Montréal qui lui a demandé ce qu'il pensait du camp.  Mon grand-père, à Montréal, avait entendu son fils parler à la radio, directement de la Floride. 

Je connais mon père et je me doute qu'il avait beaucoup de choses à dire.  Mais entre autres, il avait dit que selon lui, il y avait un joueur qui se démarquait, qui allait devenir tout une vedette.  Ce joueur, le numéro 8, était Gary Carter.

J'ai grandi avec les matchs de base-ball, mais j'ai toujours préféré le hockey.  Et pourtant, il n'y a aucun joueur des Canadiens dont je me souvienne comme je me souviens de Gary Carter.  Il y en aura plusieurs pour dire que le base-ball n'avait pas sa place dans la métropole québécoise, mais une chose est indéniable, les Expos et Gary Carter ont fait vivre de beaux moments aux Québécois.  Je me souviendrai toujours de lui.  Je suis certaine que mon père aussi.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Quel beau texte !

Et que de beaux souvenirs Gary Carter aura laissés dans le coeur des Québécois.

Marjo